Côte d'Ivoire: Comment Ouattara veut (re) conquérir Mabri Toikeusse

Municipales 2023 et présidentielle 2025 en Côte d'Ivoire: Ouattara fait couler l’opposition
Par Eugène SAHI
Publié le 24 mars 2022 à 15:25 | mis à jour le 24 mars 2022 à 15:26

Côte d'Ivoire - Son « retour au RHDP n'a pas été évoqué », selon Abdallah Mabri Toikeusse (ATM). Voici les dessous d’une audience hautement stratégique goupillée par Alassane Ouattara pour en finir pour de bon avec la coalition de l’opposition PPA-CI/PDCI-RDA.

Municipales 2023 et présidentielle 2025 en Côte d'Ivoire: Ouattara fait couler l’opposition

Comme largement relayé dans la presse ivoirienne ce jeudi 24 mars 2022, le parti d’Alassane Ouattara déploie les grands moyens à travers tout le pays au moment où le président du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (abrégé en RHDP) se montre toujours maître du jeu politique en Côte d'Ivoire.

Nouveau directoire exécutif, redéploiement minutieux dans des centaines de départements politiques créés, rapprochement stratégique avec Pascal AFFI du FPI et Toikeusse MABRI ou encore torpillage et fragilisation de l’alliance PDCI/PPA-CI, la majorité présidentielle ne veut donner aucune chance à ses adversaires politiques pour les joutes électorales à venir.

La grande majorité des parutions de ce jeudi s'accorde à dire que le président du RHDP, Alassane Ouattara prépare une majorité forte pour les élections à venir dans le pays, notamment les Municipales en 2023 et la présidentielle en octobre 2025. Le Directoire récemment mis en place vient de créer 344 départements politiques pour quadriller le pays.

La machine RHDP se remet en marche en mode attaque. Après le président du FPI, Pascal Affi N’Guessan, Ouattara a reçu, il y a quelques jours, le leader de l’UDPCI. Pour certains journaux, le chef de l’Etat ivoirien est convenu d’un deal avec le président du parti arc-en-ciel ivoirien. A en croire le quotidien Le Jour plus, Ouattara aurait proposé à Dr Abdallah Toikeusse Mabri le poste de Vice-Président de la République vacant depuis deux ans. De quoi faire revenir l’ensemble du grand ouest ivoirien dans les rangs du RHDP.

ATM nommé vice-président de République, c’est renoncer à la présidentielle de 2025. Mais aussi mobiliser l’électorat DAN largement acquis, à la cause du pouvoir qui a déjà ratissé large dans l’écurie des cadres de la région du Tonpki. Notamment avec la nomination de Vagondo Diomandé à la Sécurité intérieure, Albert Flindé comme Ministre-Gouverneur, et bien d’autres comme Claude Sahi Soumahoro, directeur de cabinet adjoint à la présidence.

Pour Laurrain Ledou, militant du parti arc-en-ciel et proche collaborateur de Mabri Toikeusse, celui qui a écouté tout le discours du Président MABRI le 12 mars 2020, et l'ensemble de ses interventions publiques, comprendra que ce qui se passe actuellement, n'est rien d'autre que le fruit du dialogue que le Président MABRI a toujours prôné. “L' on pourrait dire qu'enfin, le Président MABRI est entrain d'être compris. Enfin, la Présidence de la République reconnaît que l'UDPCI est un parti politique ivoirien qui n'est pas fondu dans un autre et que son Président se nomme Abdallah Toikeusse MABRI. Toute personne qui se permettra désormais de dire que l'UDPCI n'existe pas, serait en contradiction avec la présidence de la République et le Président du RHDP”, confie le proche de ATM.

Le poste de vice-président, nouvellement créé par la Constitution de novembre 2016 et faisant de son titulaire, le numéro deux du pays, était occupé par l'ex-Premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan jusqu'à sa démission en 2020.

Quid de l’alliance avec le parti présidentiel RHDP ? L’UDPCI choisit la rupture

Le parti met fin à la coalition et passe à l’opposition. Albert Mabri Toikeusse a fait une longue série de reproches à son ancien allié. Sa mise à l’écart lors du choix de feu Amadou Gon Coulibaly comme candidat, son limogeage du gouvernement, les sacrifices de l’UDPCI durant la dernière crise et son soutien indéfectible à Alassane Ouattara, même devant le danger. C’est simple, pour Albert Mabri Toikeusse, son mouvement a été maltraité. “Il y a beaucoup de suffisances chez les autres, il y a du mépris, il y a l'oubli, il y a l'égoïsme... Nous nous sommes éloignés en terme de convictions profondes”, avait-il clamé.


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