L’Ivoirienne Madoca, "une actrice porno"(!?) : Voici toute la vérité

 “Sexe et amour en Afrique de l’Ouest” de la télévision M6: l'enquête qui met à nu les
Par Eugène SAHI
Publié le 09 avril 2022 à 12:41 | mis à jour le 14 juin 2022 à 20:43

Un scandale présentant Madoca comme une actrice porno ayant tourné dans plusieurs films pornographiques de Dorcel Africa, fait le buzz sur les réseaux sociaux depuis quelques jours, après une enquête explosive de la télévision M6. Aucune preuve n’atteste pourtant ces allégations.

“Sexe et amour en Afrique de l’Ouest” de la télévision M6: L’enquête qui met à nu les "mougoupan" de Madoca

Une publication en date du 24 mars 2022 sur les réseaux sociaux Facebook et WhatSapp fait croire que Madoca, l’interviewée principale du numéro d’Enquête exclusive”, réalisé à la station balnéaire d’Assinie en Côte d’Ivoire, serait “une actrice de plusieurs films pornographiques de Dorcel Africa”.

Cette affirmation qui n’est pas prouvée, frise la diffamation. D’où provient cette publication? Cette affirmation émane d’un internaute nommé John Séguela sur Facebook, qui l’a postée dans un groupe privé d’échanges et de partages d’informations dénommé “ODECI” (Observateur démocratique de la Côte d’Ivoire). Ce groupe compte 94 400 membres. La publication a suscité plusieurs réactions de la part des internautes dont voici quelques unes:

Les raisons du buzz: Le buzz de cette publication fait suite à la diffusion d’une vidéo d’une durée de 2’41 minutes le dimanche 20 mars 2022 par Bernard de la Villardière sur la chaîne de télévision française M6, intitulée “Sexe et amour en Afrique de l’Ouest”.

“Côte d'Ivoire, République Démocratique du Congo, Sénégal : en matière d'amour et de sexualité, ces pays d'Afrique de l'Ouest sont partagés entre deux extrêmes. Grande liberté de mœurs et émancipation des femmes, mais aussi tabous et persécutions”, tel est le résumé de l’investigation des journalistes de M6.

Dans cette enquête, une jeune ivoirienne du nom de Madoca est présentée comme “une femme aux moeurs légères et relâchées” à la recherche du sexe pour affirmer son indépendance. Avec ses mots qui déconcertent “On mange, on nage, on flirte. On va se faire des mecs à Assinie".

La jeune femme brise les tabous et autres normes sociales qui naguère faisaient de la femme ivoirienne, ”une femme soumise, vertueuse et décente” pour “enchaîner les conquêtes masculines, phénomène nommé “mougoupan” (le fait de coucher avec un homme et disparaître le lendemain).

Madoca détruit les codes traditionnels qui laissaient l’initiative aux hommes de courtiser et de séduire les femmes, relate l’enquête de M6. Elle s’émancipe au grand dam de tous, “en voulant se faire des mecs”.

Sa liberté sexuelle suscite “réprobations et désapprobations” aussi bien chez des hommes que des femmes dans ce contexte social ivoirien où des parents éprouvent parfois des difficultés à éduquer leurs progénitures. D’où les “réactions violentes et sans fondements” de quelques internautes qui la présentent comme “une actrice des films pornographiques dans la structure de Dorcel Africa”.

Des fondements d’une accusation: Nous avons procédé à la vérification de cette affirmation auprès de l’auteur de la publication, John Séguela, en lui envoyant un message via son messenger facebook. Il reconnaît avoir fait ce post. Toutefois, il n’a pu apporter de preuves tangibles pouvant attester que Madoca est une actrice de films pornographiques.

Sur notre insistance, il nous a transféré cette image ci-dessous comme preuve de son accusation (une photo de Madoca en compagnie d’un homme en train de prendre une collation selon lui. Voir la capture d’écran ci-dessous).

Après avoir procédé à l’analyse de la photo en utilisant la technique de l’image inversée de google, nous n’avons rien trouvé. Lui ayant fait un retour de la vacuité de notre recherche sur Dorcel Africa, John Seguela nous a purement et simplement éconduit en nous désabonnant de son profil Facebook.

Poursuivant la recherche, nous avons visionné certains films de Dorcel Africa. Nous nous sommes rendus à l’évidence qu’aucune séquence ne fait référence à Madoca. Le verdict: Les recherches effectuées sur plusieurs moteurs de recherche en vue d’apporter des preuves à l’affirmation ou l’infirmation de la publication de John Seguela ne sont pas solides et rigoureuses.

Cette photo que nous a fait parvenir John avant de désabonner de son profil Facebook, n’est pas éloquente. Il n’est donc pas prouvé que Madoca est une actrice de films pornographiques chez Dorcel Africa. Cette photo brandie par John Séguéla n’est ni convaincante, ni suffisante pour faire une telle assertion. Attention: L’accusation de John Seguela ne repose sur aucune preuve tangible. Elle est NON PROUVEE.

Source: AIP


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