Nomination d'Alain-Richard Donwahi à la COP15, Jeune Afrique balance

Alain-Richard Donwahi :
Par Eugène SAHI
Publié le 11 mai 2022 à 17:07 | mis à jour le 14 mai 2022 à 17:03

Jeune Afrique a livré les dessous de la nomination d' Alain-Richard Donwahi au poste de président de la COP15. Malgré l'audit en cours sur sa gestion du ministère des eaux et forêts, le Président Ouatera lui a renouvelé sa confiance.

Alain-Richard Donwahi: "Sa nomination dérange l’ONU...", selon Jeune Afrique

Comme annoncé par Jeune Afrique, la nomination d’Alain-Richard Donwahi a été entérinée mercredi 11 mai à l’ouverture de la COP15. La Côte d’Ivoire étant pays hôte, un de ses ressortissants devait présider la Conférence des parties pour 2 ans.

Selon Jeune Afrique (JA), Jean-Luc Assi, ministre ivoirien de l’ Environnement, avait confirmé cette nomination aux Nations unies. C'était lors d’une réunion à laquelle a participé l’ex-ministre Alain-Richard Donwahi. Cette décision avait été prise avant son limogeage du gouvernement le 20 avril. Alassane Ouattara a décidé de maintenir sa décision en chargeant Fidèle Sarassoro, son directeur de cabinet, d’en informer l’ONU le 22 avril.

« Sa nomination dérange »

Les Nations unies ont pris acte du choix de la Côte d’Ivoire, mais celui-ci a étonné certains fonctionnaires de l' organisation. Ils estiment que ce choix pourrait avoir un impact négatif sur la COP15. « Sa nomination dérange l’ONU et même certains membres du gouvernement, qui auraient souhaité que le chef de l’État revienne sur sa décision », précise une source onusienne.

L’ancien ministre des Eaux et Forêts a bien participé à une réunion préparatoire le 29 avril à la primature. Il était pour l'occasion avec le Premier ministre Patrick Achi ainsi que plusieurs ambassadeurs et membres du gouvernement. Toutefois, il n'avait pas été présenté comme futur président de la COP15. Il était même resté un peu en retrait au contraire des autres convives.

Si ce choix suscite autant la polémique, c’est parce que l'ex-ministère est au cœur d’un scandale. La gestion d’Alain-Richard Donwahi est fortement décriée. Fin 2021, un vaste trafic de bois de Lingué, dont l’exploitation est interdite sur une bonne partie du territoire, avait été démantelé.

L’enquête a révélé la complicité d’agents des Eaux et Forêts. Le chef et certains membres du cabinet de Donwahi sont également cités. Ibrahim Lakiss, un exploitant forestier ivoirien d'origine libanaise décrit comme très proche de l'ex-ministre, a par ailleurs été arrêté.

L'homme d'affaires est poursuivi pour plusieurs chefs d'accusation. Il est poursuivi pour Association de malfaiteurs, corruption, extorsion de fonds, déboisement, enrichissement illicite et harcèlement moral. Ces chefs d'accusation justifient son maintien en détention à la Maca.

Audit complet du ministère dirigé par Alain-Richard Donwahi

Depuis début janvier, l’affaire est entre les mains de la Cour de cassation, qui poursuit ses auditions. À la demande du président ivoirien, l’Inspection générale d’État a en parallèle entamé, à la fin du mois de février, un audit complet du ministère des Eaux et Forêts, comme l’a révélé Jeune Afrique dans une enquête. Le 2 mai, l’ancien ministre a réagi dans un communiqué, dénonçant une « grotesque campagne d’ intoxication ».

Organisée tous les 2 ans, la COP15 est la plus grande cérémonie de l’ONU autour de la gestion durable des zones arides. Elle se charge également de la protection de l' Environnement et des écosystèmes fragiles. Le thème de cette édition, « restauration des terres dégradées et agriculture du futur », résonne tout particulièrement avec l’actualité ivoirienne.

Alain-Richard Donwahi




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