Côte d’Ivoire: La politique d’enfumage ou le conflit avec la vérité

« On lui rappelle bien volontiers, qu’il n’est qu’un rebelle qui a endeuillé la Côte d’Ivoire et qui doit le payer »
Par Nazaire Kadia
Publié le 12 mai 2022 à 12:57 | mis à jour le 16 mai 2022 à 06:47

En Côte d'Ivoire, de la première à la troisième République, plus de soixante (60) années durant, jamais le peuple ivoirien n’a été aussi «enfumé » qu’au cours de ces 11 dernières années.

« On lui rappelle bien volontiers, qu’il n’est qu’un rebelle qui a endeuillé la Côte d’Ivoire et qui doit le payer »

Dans la course pour la conquête du palais du Plateau, quelles promesses ne lui a-t-on pas faites ? Quelles paroles exquises n’a-t-il pas entendues ? Morceaux choisis. « … Donnez-moi cinq(5) ans, je dis bien cinq(5) ans pour changer la Côte d’Ivoire… ». Aux forceps, les cinq(5) années furent octroyées, cinq(5) années supplémentaires furent ajoutées, mais rien n’a changé pour le vaillant peuple d’Eburnie. Tout au contraire, les mauvaises langues affirment que les choses sont allées de mal en pis. Enfumage ! Pendant cette même course pour le palais du plateau, des milliards de FCFA ont été promis à chaque département pour un développement décentralisé qui à terme devrait permettre à notre pays d’être émergent à l’horizon de 2020.

Plus de dix années d’exercice effectif du pouvoir, les milliards de FCFA se font encore attendre et le vocable « émergence » a disparu des discours officiels et Dame Emergence n'est pas au rendez-vous en 2020. Enfumage ! En début de mandat sur les plateaux d’une chaîne de télévision panafricaine, ce discours a été entendu : « …Moi je prêterai serment à Yamoussoukro, je déménagerai à Yamoussoukro. Je vais exécuter toute une série de projets. Tous ces projets pharaoniques, est-ce qu’ils sont vraiment nécessaires ? On évaluera… La première année nous allons transférer la présidence, nous allons transférer le ministère de l’Intérieur ; il y a toute une série de ministères qui seront transférés…Certains ministères économiques resteront à Abidjan. Moi j’ai beaucoup étudié le cas de Brasilia et d’Abuja. Nous allons faire la même chose et nous allons le faire de manière méthodique, de manière rationnelle, pas dans la pagaille et le désordre ; pas seulement en disant je vais faire ceci, je suis entrain de faire cela… »

La présidence a-t-elle été transférée à Yamoussoukro ? Le ministère de l’Intérieur est-il désormais à Yamoussoukro ? En un mot, où en sommes-nous avec le transfert de la capitale à Yamoussoukro? Où en sommes-nous avec cette profession de foi qui nous a comblés de joie ? Cette action devrait permettre de désengorger Abidjan tout en créant un autre pôle d’intérêts à Yamoussoukro. Mais plus personne n’en parle. De toute évidence …Enfumage ! Tout comme il est loisible d’aller à une cérémonie dans une ville de l’intérieur du pays ; au cours de ladite cérémonie, les populations de la localité demandent la libération d’un des leurs, emprisonné dès son retour d’exil. Contre toute attente, on n’est pas au courant de cette situation. Enfumage!

"Le tabouret qui lui donnait l’impression d’être important, lui a été retiré"

Outre le peuple ivoirien qui a été « enfumé » dans son entièreté, l’enfumage s’est poursuivi jusqu’au sein de la coalition qui a ravi le fauteuil du palais du Plateau (…). Le plus vieux parti de notre pays s’est donné corps et âme pour que ce pouvoir advienne. Il a fait tous les sacrifices et toutes les concessions possibles, à la limite de la compromission. Assuré qu’il était qu’après 2010 et 2015, 2020 sera à lui. A l’approche de cette échéance, il lui fut répondu qu’aucune promesse ne lui a été faite, aucun engagement n’a été pris avec lui et qui plus est, l’alternance n’est pas un programme politique. Enfumage ! L’ancien dauphin de la République n’a pas échappé à cette politique d’enfumage.

Etudiant désargenté, il s’est bombé la poitrine pour assumer la paternité d’une rébellion dont on sait bien qu’il n’avait pas les moyens d’entretenir. Dans un zèle à nul autre pareil, on l’a vu écumer les plateaux des télévisions françaises, déversant sa bile sur l’ancien président. Lui l’homme de missions croyait que 2020 est à lui, au regard de tout ce qu’il avait eu à faire ! Que nenni ! On lui rappelle bien volontiers, qu’il n’est qu’un rebelle qui a endeuillé la Côte d’Ivoire et qui doit le payer.

En plus, le tabouret qui lui donnait l’impression d’être important, lui a été retiré, le réduisant à sa plus simple expression. Et pour boucler la boucle, un mandat d'arrêt international est lancé à son encontre. Véritable enfumage! Au regard de tout ce qui précède, fléchissons genoux pour implorer le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ; implorons l’Incréé afin qu’il nous délivre de cet esprit d’enfumage qui s’est emparé de l’Eburnie et qui la met délicatement en conflit avec la vérité. Faisons le, en propriétaires prudents, pour demain. Demain est certes un autre jour, mais demain arrive toujours et l’ivraie sera séparée du vrai.




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