Côte d’Ivoire : La justice française aux trousses d’ Adama Bictogo

Adama Bictogo poursuivi en France
Par Patrice Dama
Publié le 28 juin 2022 à 09:40 | mis à jour le 27 septembre 2022 à 19:54

Fraichement désigné Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, Adama Bictogo fait face à la justice française pour une affaire de 2,5 milliards de FCFA.

Une enquête de la justice française contre Adama Bictogo

Le Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, M. Adama Bictogo, est poursuivi en France par la société de négoce Soeximex. Cette entreprise accuse le patron du parlement ivoirien d’ « escroquerie ». Selon l’information relayée par Africaintelligence, cette affaire remontant à 2016 continue de suivre son cours au pénal alors que l’entreprise française avait été déboutée de sa plainte par le tribunal de commerce de Nanterre pour "prescription".

Pourquoi Soeximex poursuit-elle Adama Bictogo pour « escroquerie » ?

En effet, l’affaire remonterait au début des années 2000, en pleine crise politico-militaire en Côte d’Ivoire. Le patron de la société Snedai aurait obtenu en échange de cargaisons de cacao de l'une de ses sociétés de l’époque, Côte d'Ivoire Fruits, un prêt en plusieurs tranches d’environ 4 millions d'euros de Lucien Dagher (PDG de Soeximex).

Plusieurs livraisons de tonnes de fèves de Cacao seront faites par la société de Adama Bictogo à Soeximex entre 2004 et 2006 via le Port autonome de Lomé. Le problème est que l’entreprise française Soeximex estimait que la valeur de la marchandise ne couvrait pas l’intégralité de la somme prêtée à celui qui est aujourd’hui Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire.

Pour régler cette affaire, le Président Adama Bictogo aurait pris l’engagement de rembourser sur fonds propre la dette de Côte d'Ivoire Fruits estimée à l’époque à 2,5 millions d'euros. Soeximex avait alors trouvé un accord avec l’actuel Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire.

Le coeur du problème, des échéances non respectées

Un échéancier en 5 versements sera signé par toutes les parties, toujours selon cette source. C’est le non-respect des échéances qui aurait amené le patron de Soeximex, M. Lucien Dagher, à porter l’affaire devant la justice française.

L’avocat parisien Emmanuel Asmar du cabinet Asmar & Assayag dirige cette plainte pour le compte de Soeximex. Adama Bictogo a lui été représenté dans l’affaire par l'avocat Olivier Cuperlier. Un des biens immobiliers du successeur de Amadou Soumahoro aurait même été hypothéqué en France dans le cadre de cette affaire.

Le journal basé au 142, rue Montmartre, 75002 Paris, nous informe que le juge d'instruction en charge de ce dossier n'a pas encore entendu les différentes parties et que les enquêtes sont toujours en cours. Cela ne l'empêche pas de sortir son papier qui manifeste des préjugés sur la personne du dirigeant ivoirien.

Encore un chantage aux dirigeants africains ?

Il faut noter que le plaignant contre le Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire avait été débouté de sa plainte pour « escroquerie » en avril 2016 par le tribunal de commerce de Nanterre. Celle-ci évoquait la "prescription" de l’affaire pour justifier sa décision.

Maintenant qu’il est sous le feu des projecteurs avec sa désignation comme Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, Soeximex tente de relancer l’affaire en forme de chantage. Sachant qu’ Adama Bictogo veut éviter des scandales, Lucien Dagher trouve le moment idéal pour lui soutirer 7 millions d’euros.

C’est le montant 4,591 milliards de FCFA que la société de négoce française Soeximex réclame aujourd'hui à Adama Bictogo. Cédera-t-il à cette forme de chantage qui consiste à exercer sur les dirigeants africains une pression judiciaire depuis la France ?


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