Ordre National des Médecins de Côte d’Ivoire (ONMCI): Y a problème !

De grosses menaces pèsent actuellement sur les élections à la présidence du Conseil national de l’Ordre des Médecins de Côte d’Ivoire (CNOMCI)
Par David Yala
Publié le 30 juin 2022 à 09:27 | mis à jour le 30 juin 2022 à 09:27

De grosses menaces pèsent actuellement sur les élections à la présidence du Conseil national de l’Ordre des Médecins de Côte d’Ivoire (CNOMCI), prévues pour le samedi 20 août 2022 à Abidjan.

Élection du Conseil national de l’Ordre des Médecins de Côte d’Ivoire (CNOMCI): Pourquoi le Ministre Pierre Dimba doit faire attention

Rien ne va plus à quelques semaines de l'élection à la présidence du Conseil national des Médecins de Côte d’Ivoire. Dans une déclaration publiée récemment, un groupuscule de médecins, réclamant un audit de la gestion du CNOMCI, a exigé "la reprise totale du processus électoral des conseils régionaux et du Conseil national de l’Ordre des Médecins de Côte d’Ivoire dans le respect de la loi".

Ce groupe de médecins, avait également appelé à la désobéissance ordinale tant que la loi portant Organisation et Fonctionnement de l’Ordre National des Médecins de Côte d’Ivoire, n'était pas respectée dans son esprit et dans sa lettre. Mieux, tant que le bilan des cotisations annuelles portant sur la gestion des 18 années du Conseil national actuel, n'est pas fait.

Le 27 septembre 2021, en effet, le président de la République, Alassane Ouattara, promulguait la loi No 2021-555, portant organisation et fonctionnement de l’Ordre national des Médecins de Côte d’Ivoire. Cette loi, attendue par l'ensemble de la corporation depuis de longues années, était perçue comme la fin des nombreuses contestations qui pourrissaient l’environnement des élections.

Qui veut empêcher la Convention nationale élective du CNOMCI ?

Malheureusement, après l'organisation des élections des Conseils régionaux de l’Ordre des médecins (CROM) dans des conditions ayant suscité quelques mécontentements, il est constaté quelques manœuvres visant à empêcher la bonne tenue de la Convention nationale élective du samedi 20 août 2022 à Abidjan.

Un tract publié, mardi 28 juin, sur les réseaux sociaux, fait état d'une réunion qui se serait déroulée entre le ministre de la Santé, de l'Hygiène Publique et la Couverture Maladie Universelle ; le président de l’ONMCI, Docteur Aka Kroo Florent; et le groupe des médecins plaignants.

Selon ce tract, le Ministre Pierre Dimba aurait ordonné de suspendre le processus électoral au Conseil de l’Ordre des Médecins et les activités y afférentes. Le membre du gouvernement aurait également demandé à ce que chaque groupe présent à cette rencontre, lui fasse parvenir un mémorandum par entité ( l'équipe dirigeante actuelle de l'ONMCI et le collectif des médecins contestataires ).

À peine 3000 médecins inscrits au tableau ordinal sur 10 000 médecins

Selon des estimations, il y a au moins 10 mille médecins en Côte d’Ivoire, dont seulement 10% sont dans le privé et 90% dans le secteur public. Fait étrange: à peine 3000 sont inscrits à l'ordre des médecins, donc à jour de leurs cotisations. C'est dire que la grande majorité travaille dans l'illégalité.

"On veut renouveller les instances pour mettre de l'ordre, mais l’État refuse. Il faut éviter de suspendre le processus électoral et d’installer une administration provisoire. Il est temps aujourd'hui, qu'à l'instar des avocats, les médecins soient organisés. Le processus électoral est pratiquement arrivé à son terme. Le suspendre ou l'arrêter, serait créer plus de maux; une situation encore plus délétère pour le secteur médical que de bien. Ça remet en cause toutes les élections qui ont eu lieu dans les régions", prévient un médecin.

Il faut noter que le ministère de la Santé a pris une part active, à travers ses directeurs départementaux et les préfets, au processus électoral depuis le début, et était donc au fait de toutes les insuffisances.

Aller aux élections pour éviter la mise sous tutelle de l’Ordre des médecins

"Le ministère de la Santé a laissé faire. Il est impératif qu'il garde la main. Prendre une décision de suspension du processus électoral, entraînerait une administration provisoire et une mise sous tutelle du ministère de la justice, de l’Ordre des médecins, si jusqu'au 25 septembre, il n'y a pas d'élections", s'inquiète notre interlocuteur.

Pour un autre médecin, membre du Syndicat National des Médecins privés de Côte d’Ivoire, il faut aller aux élections pour permettre au nouveau Conseil qui sera élu, de mettre de l'ordre dans le secteur médical.

"Allons tous aux élections afin de mettre en place toutes les instances de notre institution pour un Ordre des médecins plus fort, innovant; interlocuteur incontournable des pouvoirs publics, très proche des Médecins et à leur service, dans l'intérêt de nos populations", exhorte-t-il.


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