MBDHP: "La présence de Compaoré au Burkina viole le principe de l’Etat de droit"

Blaise Compaoré au Burkina Faso
Par Eugène SAHI
Publié le 09 juillet 2022 à 00:02 | mis à jour le 09 juillet 2022 à 00:02

Pour le MBDHP, une association nationale de droits humains, la présence de Blaise COMPAORE au Burkina s'est faite au mépris des règles et principes élémentaires de l'Etat de droit.

"L'invitation de Blaise Compaoré au Burkina Faso est abominable et scandaleuse"

Condamné à la prison à vie par contumace au Burkina Faso, l'ancien chef d'Etat Blaise Compaoré devenu ivoirien et exilé en Côte d'Ivoire, est arrivé jeudi à Ouagadougou en provenance d'Abidjan. Il est l'invité du Lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo DAMIBA, initiateur d'une rencontre entre les anciens chefs d'Etat burkinabè en vue de sceller la réconciliation nationale et faire front commun au djihadisme qui frappe le pays depuis la chute de Compaoré.

Le Mouvement Burkinabé des Droits de l'Homme et des Peuples juge cette invitation abominable et scandaleuse, à travers une déclaration faite ce vendredi 8 juillet 2022.

"Le MBDHP suit avec attention l’évolution de la situation politique actuelle au Burkina Faso. Cette situation est marquée par la décision du gouvernement du MPSR de faire venir au Burkina Faso Blaise COMPAORE, ancien Président du Faso. Ce dernier, faut-il le rappeler, fait l’objet d’une condamnation par contumace à la prison à vie pour des faits d'attentat à la sûreté de l'Etat, de recel de cadavres et de complicité d'assassinats. Cette condamnation sanctionne le rôle joué par Blaise COMPAORE dans les évènements du 15 octobre 1987.

Le MBDHP note que la présence de Blaise COMPAORE au Burkina s’est faite à l’invitation du Président du Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR), le Lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo DAMIBA, au mépris des règles et principes élémentaires de l’Etat de droit.

Cette invitation abominable et scandaleuse du Président du MPSR constitue un signal fort négatif pour l’indépendance de la justice dans notre pays. Elle constitue également un mépris pour toutes les victimes des crimes de sang et des crimes économiques qui ont jalonné l’histoire de la 4ème République.

Parallèlement, le MBDHP a appris l’expiration de l’autorisation de sortie du territoire national accordée à monsieur Djibril Yipènè BASSOLE pour des raisons de santé. Ce dernier, qui se promènerait allègrement entre la France et la sous-région afin d’exécuter des missions occultes, fait également l’objet d’une condamnation à dix (10) ans de prison pour trahison suite à la tentative de coup d’état militaire de septembre 2015 qui a causé quatorze (14) morts et fait près de 270 blessés. Cette situation place le concerné en situation d’évasion.

Ces faits mettent à nue la véritable feuille de route du MPSR dont on est aujourd’hui légitimement fondé à croire que l’une des missions principales est la restauration des caciques du régime déchu de Blaise COMPAORE et l’absolution de ces derniers de tous leurs crimes sous le prétexte de la réconciliation nationale.

Le MBDHP rappelle que la vérité et la justice restent les préalables et les socles indispensables à tout processus de réconciliation. Le règne de l’impunité est l’une des causes de la fragilité structurelle du Burkina.

C’est pourquoi, le Mouvement appelle les autorités judiciaires à prendre leurs responsabilités et à agir avec fermeté pour l’exécution des décisions de condamnation des sieurs Blaise COMPAORE et Djibril Yipènè BASSOLE.

Enfin, le MBDHP appelle l’ensemble de ses militantes et militants à la vigilance et à la mobilisation. Il les invite à poursuivre et à intensifier leurs actions d’information et de sensibilisation aux droits humains à la lumière des évènements actuels.

Fait à Ouagadougou, le 08 juillet 2022

Le Comité exécutif national"


+ Afficher les commentaires
Articles les plus lus