De troublantes révélations sur l'assassinat de la journaliste Ange Lath

Le film de l'assassinat de la journaliste Ange Lath Valence, 28 ans
Par Eugène SAHI
Publié le 24 août 2022 à 20:31 | mis à jour le 24 août 2022 à 20:34

Retrouvée morte à son domicile à Gonzagueville le 18 août 2022, le conjoint de la journaliste Ange Lath Valence serait le principal suspect de ce meurtre. Il a été mis aux arrêts par la Police ivoirienne.

Le film de l'assassinat de la journaliste Ange Lath Valence, 28 ans

Le sieur KAM, 56 ans, a-t-il assassiné la journaliste Ange Lath Valence, à son domicile de Port-Bouët Gonzagueville. L’homme arrêté après le forfait, serait le principal suspect selon la police nationale.

“Les investigations menées par la Police Nationale ont permis d'interpeller son concubin, KAM, 56 ans, commerçant, domicilié à Port-Bouët centre, suspecté dans cette affaire”, a annoncé la police ce mercredi 24 août 2022.

Le suspect mis aux arrêts a été conduit le jour même devant le parquet d'Abidjan, pour répondre de ses actes, informe la Police nationale.

Le jeudi 18 août 2022, aux environs de 20 heures, le corps sans vie de Ange Lath Valence, 28 ans, journaliste à Radio ATM, a été retrouvé dans sa chambre sise à Gonzagueville dans la commune de Port Bouët, non loin du Commissariat de Police du 24ème Arrondissement.

"Quelqu'un serait venu taper au portail d'une de ses tantes qui habite dans le même quartier qu'elle pour lui donner l'information qu'il parait qu'une jeune fille qui a été tuée dans le quartier vers Saint-cyr. Il se pourrait que ce soit votre soeur. Une fois sur les lieux, on se rend à l'évidence. Pas parce qu'on a vu le corps de Ange, mais parce que la porte est fermée. Tous les rivérains s'accordaient à dire qu'un tonton est venu chercher le corps avec la police, un corbillard pour partir", nous confie un proche sous le sceau de l'anonymat.

Selon lui, monsieur Kouyaté Adama, plus connu dans la commune sous le pseudonyme de “ Miki”, entretenait une liaison amoureuse avec la victime depuis deux ans. Avant que cette dernière ne décide de prendre son indépendance vis-à-vis de cette relation avec l’homme marié. Leurs relations ont commencé à être tendues ces derniers mois.

“Elle n’avait plus de liberté. Il la harcelait à longueur de journée. Chose que Ange n'acceptait plus et décide d'arrêter la relation”, nous confie notre source.

Arrivé à l'Hôpital général de Port Bouët où le corps a été transféré, la famille se dirige vers la morgue pour identifier le corps.

"Sur place, on tombe sur le présumé Kouyaté Adama, nous lui demandons le papier délivré par la morgue pour voir notre soeur, puisque tout le monde dit au quartier qu'elle a été tuée. Il refuse. Et jusqu'à ce jour (mardi 23 août), nous n'avons pas vu le corps de Ange Lath Valence.

Les faits

La mère de Ange était en voyage à Dabou le jour de l’assassinat de sa fille. C’est à ce moment que la relation va prendre un coup entre les deux tourtereaux, suite à l’incident du 9 août au marché.

« Il avait emprunté un livre à ma fille. (Un livre relatif à l’amour). Ange lui a fait savoir qu’elle avait besoin du livre. Elle a donc envoyé son collègue Aziz, qui sert d’intermédiaire entre les deux», raconte la mère. Alors que Aziz devait récupérer uniquement le bouquin avec l’amant de sa collègue, celui-ci lui a remis en plus, le vêtement que Ange lui avait offert en cadeau.

Un acte que Ange Lath n’a pas également apprécié : « Elle lui a dit, ‘’Si c’est ainsi, viens récupérer tout ce qui se trouve chez moi que tu m’as offert’’ », explique la mère. « J’ai demandé à Ange de se calmer. Tout comme j’ai demandé aussi à KAM de se calmer. Habituellement, c’est moi qui règle les différends entre eux. Je leur ai dit de m’attendre à mon retour de Dabou le lundi (lundi 22 août ; Ndlr) pour régler le problème. Pour éviter que la situation ne s’envenime, j’ai demandé à chacun de s’abstenir d’envoyer des messages à l’autre», ajoute-elle.

Jeudi 18 août 2022, le jour du crime, il est 18 heures moins. Ange appelle sa mère se trouvant à Dabou, pour s’enquérir de ses nouvelles. Fidèles à leurs habitudes, mère et fille causent tendrement comme deux copines, comme elles se plaisent à s’appeler. Rien de nouveau. De simples formalités habituelles.

Le même jeudi, il est 20 heures, c’est KAM qui appelle « sa belle-mère ». Rien de grave. Il voulait juste prendre des nouvelles de sa «belle-mère », profiter pour connaître la date de son retour à Abidjan et aussi prendre le numéro de la grande sœur de sa chérie. Sans hésitation et tout naturellement, la mère lui donne le numéro de Lath Nadège, la grande sœur de la victime.

Toujours le même jeudi, il est 22 heures. La mère de Ange reçoit un message vocal sur son téléphone. Un message émis par K.AM : « Je n’avais pas de crédit d’appel ce jour-là. En plus, je ne sais pas comment écouter un message vocal. J’ai donc décidé d’attendre le lendemain pour l’appeler », précise la mère de la journaliste.


Le vendredi 19 août, le lendemain du drame, la mère reçoit un appel d’urgence : « On m’appelle pour m’annoncer que ma fille Ange est gravement malade. Je dois donc me rendre immédiatement à Abidjan. C’est la tradition, on ne pouvait pas m’annoncer sa mort au téléphone ».

Mercredi 17 août 2022, à la veille de son assassinat, Ange Lath échange au téléphone avec Nadège Lath, sa grande sœur : « On a eu plus d’une heure de conversation au téléphone. On parlait de tout et de rien, comme on le fait très souvent. Après qu’on a raccroché l’appel, Ange m’a rappelé, elle semblait vouloir me confier un secret. Elle n’a pas pu le dire malgré mon insistance. On a raccroché, et elle m’a rappelé encore, et cette fois, elle m’a dit : « Nadre, je vais laisser le monsieur là », rapporte la grande sœur de la victime.

Pourquoi voulait-elle quitter le Monsieur ? A cette question, Nadège Lath est formelle. « Ma sœur ne supportait plus ses caprices de jalousie. Il a mis ses appels sur écoute, il a mis GPS localisation sur son téléphone pour contrôler ses mouvements. Il ne veut pas la voir avec d’autres personnes, même pas ses camarades filles alors que son métier de journaliste l’oblige à être en contact avec le monde », justifie-t-elle.

Jeudi 18 août 2022, le jour du drame. Dans la matinée, Nadège a appelé sa sœur Ange. Cette dernière lui a dit qu’elle était en réunion de rédaction.

A 22 heures 35 minutes, Nadège Lath reçoit un appel téléphonique. C’est celui de K.AM : « Je n’avais pas trouvé nécessaire de répondre à l’appel. Je me suis dit que c’était pour me faire une autre scène de jalousie comme il en a l’habitude à l’égard de ma sœur. Au deuxième coup d’appel, j’ai décroché. Au bout du fil, je l’entendais pleurer. Il pleurait à chaudes larmes. Je lui ai demandé ce qui n’allait pas, il m’a rassuré qu’il n’y avait rien de grave, qu’il m’appelait pour m’inviter demain (vendredi 19 août; Ndlr) au domicile de ma sœur. J’ai insisté pour savoir ce qui n’allait pas, il me rassurait que tout allait bien.

Après avoir raccroché, j’ai appelé ma sœur pour savoir ce qui se passait, mais ses numéros ne passaient pas. Je lui ai donc laissé un message, afin qu’elle me fasse signe dès que possible».

Hélas, Ange ne fera jamais signe à sa sœur. Le lendemain vendredi, Nadège Lath apprendra que sa jeune sœur a été assassinée au cours de la nuit.


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