Algérie: Le prochain sommet de la Ligue Arabe a du plomb dans l'aile

Vers un boycott?

Algérie ; le sommet de la Ligue Arabe menacé
Par Henri
Publié le 10 septembre 2022 à 20:24 | mis à jour le 10 septembre 2022 à 20:24

Prévu le 1er novembre prochain en Algérie, le 31éme sommet de la Ligue Arabe semble tourner à la bérézina alors qu’il n’a même pas encore commencé. Plusieurs éléments liés à l'actualité du monde Arabe risquent de plomber ledit sommet.

Algérie : incertitude autour du prochain sommet de la Ligue Arabe

Et pourtant l’optimisme était au paroxysme au niveau du régime algérien l’été dernier quand l’organisation de la Ligue Arabe a confirmé la tenue du prochain sommet de l'institution en Algérie.

Voilà quelques jours avant le début de ce sommet du centenaire qui se veut celui de la révolution du monde Arabe, de solidarité interarabe, de soutien à la cause palestinienne et du peuple sahraoui comme l’avait déclaré le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra en novembre 2021 risque d’être un véritable fiasco.

En effet, compte tenu des points de vues divergents avec ses nations sœurs sur plusieurs sujets brûlants de l’actualité du monde Arabe, plusieurs dirigeants arabes risquent de ne pas faire le voyage sur Alger pour ce sommet qui devrait consacrer le grand retour de l’Algérie sur la scène internationale.

La plupart des dirigeants des États Arabes en l’occurrence le Maroc reprocheraient à l’Algérie d’avoir fait de la question du Saharaoui et de la réintégration de la Syrie, des sujets prioritaires du prochain sommet.

«Aujourd’hui, si ce sommet se tient, c’est déjà un exploit. Si tout le monde est là, c’est une performance. Et s’il y a une participation de haut niveau, c’est un miracle !», a confié un diplomate en fonction au Maroc au site 360.

Face à ce risque de boycott du sommet, les autorités algériennes ont enclenché des actions diplomatiques pour la réussite de ce sommet.

Une offensive diplomatique pour sauver le sommet

Pour éviter le fiasco qui s’annonce pour ce sommet qui se veut pourtant grand, la diplomatie algérienne s’active pour renverser la dynamique et la spirale négative qui se profil à l’horizon. Dans cette optique, le régime algérien a annoncé le 4 septembre dernier que la réintégration de la Syrie au sein de l’institution n’est plus un sujet prioritaire du prochain sommet.

Malgré les soubresauts diplomatiques avec le Royaume chérifien, le ministre algérien de la justice Abderrachid Tebbi, est annoncé dans les prochains jours à Rabat pour délivrer l’invitation au prochain sommet de la Ligue Arabe à Alger a-t-on appris mercredi à travers un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Cette prochaine visite d’un émissaire algérien au Maroc illustre à bien des égards la volonté ferme et affirmée des autorités algériennes de sauver le prochain sommet de la Ligue Arabe surtout quand on se réfère à l’état actuel des relations entre les deux pays.

Des décennies de tensions ont animé les relations entre les deux voisins du Maghreb. La fermeture de la frontière terrestre entre les deux pays depuis 1994, après que Rabat a imposé la délivrance de visas aux ressortissants algériens, le sujet sensible du Sahara Occidental, territoire contrôlé à 80 pour cent par le Maroc et contesté par le Front Polisario, soutenu par l’Algérie sont les principaux pommes de discorde entre les deux pays.

Aussi, le ministre algérien de l’Intérieur, Kamel Beldjoud, remettra également les invitations au sommet à la Tunisie et à la Mauritanie.


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