CEDEAO- Mali: Quand les militaires ivoiriens seront-ils libérés ? (Analyse)

Mission de la CEDEAO à Bamako: Entre silence assourdissant et rumeurs!
Par Nazaire Kadia
Publié le 07 octobre 2022 à 13:11 | mis à jour le 07 octobre 2022 à 13:11

L’affaire des militaires arrêtés et détenus au Mali depuis le 10 juillet 2022, continue de défrayer la chronique. La Cedeao qui s’est réunie à New York en marge de la 77ème session de l’Organisation des Nations-Unies (ONU), a dénoncé l’incarcération des militaires ivoiriens et a exigé leur « libération immédiate ». Pour joindre l’acte à la parole, aux fins d’obtenir cette libération, l’organisation sous régionale a, au sortir de la session de l’Onu, dépêché une mission de haut niveau à Bamako pour rencontrer les autorités maliennes à cet effet. Etaient annoncés pour cette mission, les présidents du Sénégal, M Macky Sall, par ailleurs président en exercice de l’Union Africaine (UA), du Ghana, M Nana Akuffo Adoo et du Togo, M Faure Gnassingbé. En fin de compte, ni M. Macky Sall, ni M. Faure Gnassingbé n’ont effectué le déplacement à Bamako.

Mission de la CEDEAO à Bamako: Entre silence assourdissant et rumeurs!

La délégation qui s’est rendue à Bamako était composée des présidents ghanéen, Nana Akuffo Adoo, et gambien, Adama Barrow qu’accompagnaient le ministre togolais des Affaires Etrangères, M. Robert Dussey, qui représentait son président, et le médiateur de la Cedeao, l’ex-président nigérian, M. Goodluck Jonathan. Reçue par les autorités maliennes pendant quelques heures, la délégation s’est retirée. Rien n’a filtré de cet entretien. La Cedeao non plus, n’a fait de déclaration, encore moins produit de communiqué, aussi paradoxal que cela puisse paraître. Le président du gouvernement de transition malien a juste écrit ceci sur son compte twitter : « J’ai accueilli les présidents Nana Akuffo Adoo du Ghana et Barrow de la Gambie pour des échanges francs et sincères sur des questions d’intérêts régionaux… Attaché à sa souveraineté, le Mali reste ouvert au dialogue ».

Que se sont-ils dit ? A quoi ont abouti les discussions ? Quand les militaires seront-ils libérés ? Motus bouche cousue. La Cedeao si prolixe avant la mission avec son président en exercice, M. Umaro Sissoco Embalo, s’est enfermée dans un silence assourdissant, qui suscite beaucoup d’interrogations. N’ayant pas eu de réactions, encore moins de réponses aux interrogations, la toile bruit avec toutes sortes d’informations difficilement vérifiables. Comment peut-il en être autrement ? La nature a horreur du vide. Ainsi pour certains, le silence de cimetière de la Cedeao au sortir de la rencontre avec les autorités maliennes, s’explique par l’embarras et la gêne qu’elle éprouverait.

Pourquoi avoir laissé la médiation togolaise, dans un cadre bilatéral, pour une implication de la Cedeao?

Les autorités maliennes auraient présenté à la délégation, quatre (4) soldats ivoiriens qui se trouveraient être des anglophones : deux (2) sierra léonais et deux (2) Sud-africains. Et c’est justement la présence des deux (2) Sierra-léonais parmi les militaires ivoiriens incarcérés, qui aurait motivé le déplacement du président de la Sierra Léone à Bamako, juste après le départ de la délégation de la Cedeao. Pour d’autres encore, il n’y aurait que seize (16) ivoiriens des forces spéciales sur les 46 militaires détenus au Mali. Les autres seraient des membres de la Légion Etrangère française. La présence d’éléments de la légion étrangère française, expliquerait l’intransigeance de Bamako sur ce dossier, et constituerait l’une des preuves que le Mali voudrait déposer sur la table de l’Onu, en soutien à sa plainte contre la France.


Vrai ou faux, on en est toujours là, et les tribulations des militaires ivoiriens incarcérés, continuent. Quand prendront-elles fin ? Bien malin qui pourra donner une réponse satisfaisante à cette question. On s’interroge également sur les motivations qui ont présidé au changement de médiateur. Pourquoi avoir laissé la médiation togolaise, dans un cadre bilatéral, pour une implication de la Cedeao, l’organisation sous régionale ? Sommes-nous sur le point d’arriver à l’épilogue de cette malheureuse affaire ? Ou sommes-nous obligés d’attendre ? Demain nous situera. Demain est certes un autre jour, mais demain arrive toujours et l’ivraie sera séparée du vrai.


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