Comment le coronavirus a permis de distinguer les grandes nations, des petites (Analyse)

Grandes nations et petites nations du monde à l'aune de la pandemie du coronavirus
Par Nazaire Kadia
Publié le 16 novembre 2022 à 15:33 | mis à jour le 16 novembre 2022 à 15:34

Il y a quelques années, le monde entier était secoué jusque dans ses fondations, à cause de la maladie à coronavirus, joliment prénommée Covid19. La pandémie du coronavirus a eu le mérite (si mérite il y a) de ramener l’homme sur terre dans sa quête de grandeur, de le réduire à sa plus simple expression et lui faire savoir que « poussière, il retournera à la poussière ».

Grandes nations et petites nations du monde à l'aune de la pandemie du coronavirus

Après avoir conquis la lune, envoyé des engins sur Mars, lancé la conquête de l’espace, l’homme fut obligé de se terrer et de se confiner, mis au pas par un virus. Toutes les nations, grandes et petites, ont tremblé devant ce virus. Il a fait des hécatombes en Chine, en Italie, en Iran, en Espagne et en France. Partout il a semé psychose, angoisse et désarroi. Mais les réponses données, les solutions envisagées et la stratégie de lutte adoptée face à la maladie, permettent de distinguer les grandes nations du monde, des petites. Dans les grandes nations qui ont été les premières à être touchées par la pandémie, des mesures rigoureuses ont été prises et strictement appliquées. Certes il eut un flottement au début, dû au fait que certains avaient pensé que la maladie se limiterait à la seule Chine, épicentre de la pandémie.

Dans ces pays, beaucoup d’activités avaient été mises en berne, et la lutte contre la pandémie était la préoccupation majeure de tous. C’était une belle unanimité autour de la mère-patrie en danger. En France, le président Macron avait rangé au placard son projet de loi sur la réforme des retraites ; le deuxième tour des élections municipales avait été reporté. L’urgence du moment, n’était pas la politique. Pouvoir et opposition ont tu leur antagonisme pour mettre en synergie leurs efforts pour vaincre la maladie. En Italie, pays fortement ébranlé jusque dans ses fondations par le Covid-19, la hache de guerre entre pouvoir et opposition avait été enterrée. Tous firent chorus contre ce mal qui faisait des ravages dans la population.

Non loin de chez nous, en Afrique du Sud, pouvoir et opposition s’étaient retrouvés autour d’une table, pour convenir de la mise en veilleuse de toutes les adversités politiques pour ensemble faire front contre ce fléau des temps modernes qu’est le covid-19. Ces quelques exemples montrent que dans les grandes nations, l’intérêt supérieur de la nation et la survie de celle-ci, sont au-dessus de toutes les autres considérations et préoccupations, loin, mais très loin des calculs politiciens. Mais dans les petites nations, la survenue de la pandémie semble avoir été une très bonne aubaine. On a profité de la psychose qui s’est peu à peu installée dans la population pour opérer en catimini, des charcutages de la loi fondamentale et de la tailler à la mesure des objectifs projetés.

Malgré le covid-19, la préoccupation majeure du président Alpha Condé, était l’organisation de son référendum portant sur la modification de la constitution

Ainsi chez nous, après avoir pris une décision interdisant tout rassemblement de plus de cinquante personnes, le gouvernement avait laissé se réunir plus de trois cents (300) députés et sénateurs à Yamoussoukro, à l’effet de modifier la constitution. Aussitôt modifiée, la constitution fut adoptée et promulguée. Dans la foulée, le chef de l’Etat, vu l’urgence( ?) procédera seul, à la modification du code électoral. Assurément, dans ce pays qui étonne le monde entier, il y a des urgences qui sont au-dessus des autres urgences ! Ainsi, l’urgence de la préparation de l’élection présidentielle de 2020 pour laquelle on a fait toutes ces gymnastiques, était certainement au-dessus de l’urgence de la lutte contre la maladie à coronavirus. Ailleurs, dans les autres contrées, opposition et pouvoir fumaient le calumet de la paix pour faire face à la pandémie ; chez nous, aucune démarche dans ce sens n’avait été faite, mais bien plus un chef de l’opposition, M. Assoa Adou (du FPI aujourd’hui PPA-CI) fut convoqué pour être entendu par la police.


Avait-on mesuré ce qui aurait pu se passer juste au cas où… ? Si en plus de la pandémie, il devrait avoir des troubles, c’est dire que les ivoiriens n’auraient pas été au bout de leurs peines ! Chez nos frères guinéens, la situation n’était guère différente. Malgré le covid-19, la préoccupation majeure du président Alpha Condé, était l’organisation de son référendum portant sur la modification de la constitution et les élections législatives. Ce qui devait lui permettre de s’octroyer un troisième mandat ! Quid de la pandémie ? Au regard de ce qui précède, les préoccupations majeures au moment de « l’apogée » de la pandémie, permettent de distinguer les grandes nations du monde, des petites. Alors dites-nous, quelles étaient les préoccupations de vos autorités à cette période, et nous vous dirons dans quel genre de nation vous vivez, grande ou petite ! Mais arrive le jour où l’ivraie sera séparée du vrai.


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