Crise anglophone: Un village attaqué, des maisons incendiées

Crise anglophone : Un village attaqué, des maisons incendiées
Par K. Richard Kouassi
Publié le 25 janvier 2021 à 13:36 | mis à jour le 09 février 2021 à 12:46

La crise anglophone qui frappe le Cameroun depuis quatre ans n'est visiblement pas près de connaitre une fin. Et pour cause, dans la nuit du vendredi 22 au samedi 23 janvier 2021, le village de Bafia, un village de l'arrondissement de Muyuka, situé dans le sud-ouest du pays a connu une attaque. Selon nos confrères du site ActuCameroun, des habitations ont été incendiées dans des conditions non encore élucidées.

La crise anglophone s'intensifie au Cameroun

Les conditions de l'incendie de plusieurs habitations dans la nuit du vendredi 22 au samedi 23 janvier 2021 demeurent encore floues. Il est pour l'heure impossible d'établir un bilan humain et matériel. On ignore également l'identité des auteurs de cet acte. Pour le site Dailynewscameroon, il serait hasardeux d'avancer que l'attaque a été menée par l'armée camerounaise. Notons que depuis le déclenchement de la crise anglophone, la zone de Muyuka est très souvent la cible d'attaques de séparatistes. Cameroon Info qui cite des sources locales, fait savoir que l'attaque est imputée à l'armée camerounaise.

Les chiffres fournis par des ONG font état de 3 000 morts et des centaines de déplacés et de réfugiés. En octobre 2019, le gouvernement de Paul Biya a initié le grand dialogue national. Pendant cinq jours, les échanges ont permis d'entrevoir la décentralisation et un statut spécial aux deux régions anglophones. Toutefois, le projet de fédéralisme souhaité par des personnalités anglophones a été botté en touche quand Paul Biya a libéré les détenus. Le grand dialogue national a nécessité un budget de 36 milliards de francs CFA.

"Dans les régions anglophones, les militaires ont lancé des raids sur les communautés soupçonnées d'accueillir des séparatistes, qui ont fait plus de 50 morts parmi les civils", notait l’ONG Crisis Group sur son site officiel. L'organisation n'a pas manqué de souligner que "les soldats soutenus par la milice Fulani, 14 février, auraient tué 23 civils dans le village de Ngarbuh ; le gouvernement a déclaré que ce [malheureux accident] avait été causé par une explosion lors d'affrontements avec des séparatistes alors que l'ONU, l'UE et les États-Unis ont demandé une enquête indépendante".


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