Côte d' Ivoire : Les évêques persistent et accablent Ouattara

La présidentielle 2020 inquiète les évêques

Les évêques de Côte d' Ivoire disent leur vérité à Ouattara
Par K. Richard Kouassi
Publié le 29 juin 2019 à 17:00 | mis à jour le 20 février 2020 à 08:30

Les évêques de Côte d' Ivoire ne lâchent rien contre le régime d' Alassane Ouattara. Après avoir appelé à la poursuite du désarmement, les hommes religieux viennent de porter un autre coup aux tenants actuels du pouvoir.

Les évêques ivoiriens en phase avec Bédié

Invité de RFI le vendredi 28 juin 2019, le père Emmanuel Wohi Nin a réaffirmé l'inquiétude des évêques ivoiriens à l'approche de la présidentielle de 2020. On se rappelle que la Conférence des évêques catholiques de la Côte d’Ivoire (CECCI) s'était inquiétée de l'atmosphère qui prévaut actuellement dans le pays suite à une déclaration d' Henri Konan Bédié. Au micro du média français, le père Emmanuel Wohi Nin n'a pas dit autre chose.

"Les propos de l’ancien président (Henri Konan Bédié, NDLR) mettent le doigt sur des problèmes qui sont réels en Côte d’Ivoire. Les évêques aussi sont à l’écoute de la population et donc si c’est ressorti au niveau de la Conférence épiscopale dans tel message, c’est que cela devient aussi une préoccupation de la population. Ces questions ne sont pas des nouvelles questions. Ce sont des questions qui existent ici en Côte d’Ivoire depuis une trentaine d’années. Il faut peut-être voir la manière de poser ces questions. Nous sommes dans un contexte sociopolitique un peu tendu ces jours-ci, mais ces questions méritent d’être traitées", a expliqué l'invité de RFI.

Le père Emmanuel Wohi Nin a reconnu que "depuis quelque temps en Côte d’Ivoire, à l’approche des élections toute la population est angoissée". Cela s'explique, selon lui, par les "expériences malheureuses" qu'ont vécues les Ivoiriens. Malgré l'appel d' Alassane Ouattara appelant à "arrêter de jouer à se faire peur, qu’il n’y aura rien en 2020, que 2020 va bien se passer", les évêques veulent demeurer réalistes.

"Même si le gouvernement et le président de la République font de réels efforts pour que tout se passe bien, ce que nous constatons sur le terrain avec des conflits intercommunautaires, ça ne nous laisse pas tranquilles. Donc il y a lieu d’interpeller les uns les autres pour que nous puissions aller aux prochaines élections le cœur apaisé", a poursuivi l'homme religieux.


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