Me Serge Gbougnon : Révélations sur la remise de Blé Goudé à la CPI

Jean Serge Gbougnon, "Peine perdue" pour Charles Blé Goudé

Me Jean Serge Gbougnon, avocat de Blé Goudé
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 21 mars 2020 à 09:58 | mis à jour le 21 mars 2020 à 10:16

Jean Serge Gbougnon se rappelle, comme si c'était hier, la décision de transfèrement de Charles Blé Goudé à la CPI. Sur sa page Facebook, l'un des avocats ivoiriens du président du Cojep fait appel à ses souvenirs, six ans après l'ouverture de la procédure ouverte à La Haye contre son client.

Jean Serge Gbougnon: "Peine perdue" pour Charles Blé Goudé

21 mars 2014 21 mars 2020, 6 ans, oui il y’a de cela 06 ans que nous (avocats de CBG) avons été convoqué un matin d’abord aux Deux-Plateaux et ensuite au TPI du Plateau.

C’est seulement la veille que quelques membres du collectif de l’époque ont reçu une convocation d’abord pour une instruction devant se tenir à la cellule créée à l’époque pour gérer tous les crimes commis pendant la crise postélectorale. Quand nous y arrivons, nous trouvons une consœur commise d’office pour assister le Ministre Charles Blé Goudé, mais celui-ci lui a poliment signifié devant le juge qu’il avait déjà des Avocats.

Ensuite, direction le Tribunal de Première Instance du Plateau, où va se tenir une audience exceptionnelle de la Chambre d’accusation pour la remise d’un National à la Cour Pénale Internationale comme en matière d’extradition... parce que à cette époque l’Etat de Côte d'Ivoire n’a pas encore adapté ses textes internes pour la remise donc ils utilisent le procédé de l’extradition alors qu’il est établi qu’on n’extrade pas un national....bref !!!

Une audience, dont on connaît l’issue (la veille le gouvernement avait déjà autorisé son extradition en conseil de Ministre) se tient.

Nous soulevons tout de même toutes les exceptions qui empêchent cette remise, mais c’est peine perdue.

En fin d’après-midi, après une brillante intervention de Monsieur Charles Blé Goudé, la Chambre d’accusation décide de sa remise à la Cour pénale Internationale.

Je suis choqué de voir ainsi mon ami de lycée, de la cité de Yopougon partir si loin... avant qu’on ne se quitte et devant le Procureur j’écrase une larme... Je me souviens que ce dernier me dira : « Un Avocat ne pleure pas!!! » pifff

Cinq ans plus tard nous avons eu raison à la CPI

Mon frère, bientôt nous irons à Abidjan !!!.


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