Condamnation de Yodé et Siro, Me Claver explique ce qui va se passer

Yodé et Siro feront-ils appel de leur condamnation ?  Me N' Dry Claver se prononce
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 04 décembre 2020 à 11:30 | mis à jour le 04 décembre 2020 à 11:30

Condamnés à 24 mois de prison avec sursis, assortie d’une amende de 5 millions chacun, Yodé et Siro ont la possibilité de faire appel ou non de cette décision de justice rendue en première instance à l’issue de leur procès pour incitation à la haine tribale et outrage à Magistrat. Dans l'interview ci-dessous, Me N’Dry Claver, l’avocat des deux chanteurs, explique la procédure.

Quelles sont vos impressions après le verdict prononcé à l'encontre de vos clients, Yodé et Siro ?

Il ne faut pas voir l’expression de Siro comme une attaque personnelle contre quelqu’un, mais plutôt comme un moyen d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur ce que le peuple dit en bas, comme on le dit chez nous. Ce n’est rien d’autre que la recherche de prise de décision pour permettre à la société ivoirienne de mieux se sentir.

C’est ça qu’il faut voir dans l’intervention de Yodé et Siro, et rien d’autre. Ce ne sont pas des gens qui appartiennent à un parti politique. Ils ont d’ailleurs chanté à l’époque du président Bédié, ils ont chanté à l’époque du président Gbagbo, ils chantent maintenant sous le président Ouattara. Ils restent constants depuis 1996, qu’on ne personnalise pas le débat.

Ce procès n’avait pas sa raison d’être ?

Je ne vais pas dire que ce procès n’avait pas lieu d’être, parce qu’il a eu lieu. Ce que je dis, c’est que voici comme il fallait comprendre. Il fallait entendre le cri du cœur de Siro, qui est le porteur de la voix des sans voix, comme on dit. (…) C’est pour cela que nous avons dit au tribunal que si vous étouffez l’artiste, vous étouffez une voie de communication du peuple. C’était juste pour attirer l’attention des uns et des autres. Ça a été un procès, pour nous, assez intéressant. La décision du Tribunal, c’est leur décision.

Vous comptez faire appel ?

Ça dépend de nos clients. Nous allons leur expliquer, s’ils veulent faire appel, ils le feront.

Lors de votre plaidoirie, vous avez évoqué l’acte de décapitation…

L’acte de décapitation, tout le monde le sait, on ne va pas en parler ici. Ma grand-mère qui est au village qui a son portable l’a vu. Allons-y de l’avant. Le cri du cœur de messieurs Yodé et Siro, c’était tout simplement voici ce que le peuple est en train de dire en bas. Pouvoir public, écoutez la voix du peuple. Prenez des décisions pour que la Côte d’Ivoire soit un pays en paix.

5-Pour vous, le droit a été dit ce soir ?

Je dis que je n’ai pas été entendu par le Tribunal, comme je souhaitais me faire entendre. Peut-être que le juge, en appel, va nous comprendre.


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