Mabri Toikeusse a-t-il échappé à un assassinat comme Robert Guéï?

Côte d'Ivoire : Pourquoi Mabri Toikeusse avait quitté en catimini le pays
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 22 février 2021 à 19:20 | mis à jour le 22 février 2021 à 19:20

Albert Mabri Toikeusse est revenu sur les raisons de son départ volontaire en exil au plus fort des douloureux évènements qui ont émaillé le scrutin présidentiel du 31 octobre 2020.

Mabri Toikeusse depuis Man : « Je suis resté loin du pays pour ne pas être victime d’assassinat comme Guéi »

Le président de l’ Union pour la démocratie et la paix en (UDPCI) est retourné à Man, chef-lieu de la région du Tonkpi dont il occupe le fauteuil de président du Conseil régional. Dans sa dernière sortie, l’ancien ministre ivoirien de l’ Enseignement supérieur est revenu sur les raisons véritables de son départ volontaire en exil, en novembre 2020, lors des violents événements qui ont émaillé l’élection présidentielle d’octobre de la même année.

Pour lui, il était hors de question de mourir dans des circonstances similaires à celles de son mentor Robert Guéï, froidement assassiné lors du coup d’État manqué mué en rébellion armée menée par Guillaume Soro et ses camarades des Forces nouvelles dans la nuit du 19 septembre 2002.

« Des enfants d’une même mère ne peuvent pas mourir de la même manière. C’est pourquoi je suis resté loin du pays durant ce temps pour ne pas être victime d’un assassinat comme mon mentor… », a expliqué Mabri Toikeusse. « Pour la paix, je suis avec l’ensemble des filles et fils du pays qui aspirent au changement pour le mieux-être des populations. Raison pour laquelle je suis avec les partis frères du PDCI, les deux tendances du FPI, GPS de Guillaume Soro, EDS », a poursuivi l’ex-membre du gouvernement ivoirien.

L'ancien ministre du président Alassane Ouattara a toutefois déploré les allégations, l’accusant de préparer une rébellion armée. « Des mensonges ont été dits à mon égard, soi-disant que je préparais une rébellion. Ces allégations fallacieuses mettaient en danger ma vie, d’où le long temps passé hors du pays en attendant de voir l’évolution des choses. Surtout faire mentir les auteurs de ces grossiers mensonges », a dénoncé M. Mabri.

A l'instar de Pascal Affi N’guessan du Front populaire ivoirien (FPI) et de la plateforme EDS (Ensemble pour la démocratie et la souveraineté) dont le référent politique n’est autre que l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, Mabri Toikeusse avait également appelé ses militants à répondre favorablement au mot d’ordre de désobéissance civile, lancé par Henri Konan Bédié du PDCI-RDA.

Le président de la plate-forme Arc-en-ciel avait vu sa résidence placée sous blocus policier au même titre que nombre de ses pairs de l’opposition suite à la mise en place du Conseil national de transition (CNT), un organe censé remplacer le président Ouattara.

Activement recherché par la justice ivoirienne, le président de l’ UDPCI avait quitté clandestinement la Côte d’ Ivoire. De retour au pays depuis le 9 janvier 2021, l’ancien collaborateur de feu le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, a repris depuis quelques jours ses activités politiques en prélude aux élections législatives du 06 mars prochain. Député sortant de la circonscription électorale de Banneu, Teapleu, Yeleu et Zouan-hounien communes et sous-prefectures, Mabri Toikeusse essayera de défendre son siège face à Mme Gonto Pélagie, candidate du RHDP (parti au pouvoir).


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