Guinée : Une femme enceinte décède à l'hôpital pour 38 000 F CFA

Guinée : Une femme enceinte décède à l'hôpital pour 38 000 F CFA
Par K. Richard Kouassi
Publié le 17 mai 2021 à 16:26 | mis à jour le 17 mai 2021 à 16:30

L'hôpital régional de Kankan, en Guinée, a connu une scène dramatique dans la matinée du dimanche 16 mai 2021. Une femme enceinte de trois mois, admise dans ledit centre dans la nuit du jeudi 13 mai, est décédée pour n'avoir pas pu payer la somme de 700 000 francs guinéens (environ 40 000 francs CFA).

Guinée : Un fait divers secoue l'hôpital de Kankan

L'information a été révélée par le site laguinee info. En Guinée, dans la nuit du jeudi 13 mai 2021, une femme enceinte de trois mois, épouse du sieur Souleymane Camara, est conduite à l'hôpital régional de Kankan à cause d'une douleur qui la faisait souffrir. Malheureusement, les examens médicaux révèlent que le bébé est décédé. Les médecins recommandent donc de procéder à un lavement abdominal. Pour cette opération, il faudra débourser la somme de 700 000 francs guinéens, soit à peu près 40 000 francs CFA. Selon notre source, les parents de la dame n'ont pas fourni la somme exigée. Contre toute attente, le personnel soignant refuse de lui apporter une assistance médicale. Le pire se produit dans la matinée du dimanche 16 mai 2021. La pauvre dame qui a perdu son bébé quitte le monde des vivants.

Étreint par la douleur à la suite de la disparition tragique de sa femme, Souleymane Camara a eu la force de témoigner auprès de laguinee info. "Ma femme était enceinte de trois mois. Elle a eu un malaise la nuit de la fête. Nous nous sommes rendus à l’hôpital de Kankan. Après l’échographie, ils ont dit que ma femme est menacée d’avortement. On nous a prescrit des médicaments, on en a acheté la nuit là même. Le lendemain, c’est-à-dire le vendredi, on a fait l’échographie, on nous a dit que le bébé n’a pas de problème. Donc, elle a continué à prendre les médicaments", a-t-il dit.

Cependant, les douleurs étaient persistantes. "(...) on nous a dit d’aller faire une échographie. Après cela, on m’a dit que l’enfant est décédé, qu’il faut faire un lavement pour qu’on puisse dégager. Nous sommes venus à la maternité, la femme qu’on a trouvée là-bas nous a dit de payer 700.000 francs guinéens. Je lui ai dit de faire le travail, que je vais payer l’argent. Elle a dit qu’elle ne peut pas faire le travail, qu’elle a beaucoup de choses à faire, d’attendre demain, qui était aujourd’hui dimanche. Mais, la nuit ma femme a eu des douleurs. On s’est rendu là-bas, mais personne n’est venu la regarder", a-t-il raconté.

En fait, l'époux de la défunte explique qu'il était en possession de la somme exigée. Seulement, l'un de ses frères en exercice à l'hôpital de Kankan a choisi de plaider auprès de ses collègues pour qu'ils revoient à la baisse la note. "Sinon, si j’avais payé l’argent sur le champ, on allait toucher ma femme, mais, je ne voulais pas outrepasser ce que mon frère a dit. S’il (mon frère) n’était pas là-bas, j’allais donner l’argent et ils allaient faire le travail. Mais, quand il a dit de diminuer, eux aussi, ils ont abandonné ma femme", a conclu Souleymane Camara.


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