Mali : Libéré au forceps par des policiers, Oumar Samaké se rend

Oumar Samaké à nouveau placé sous mandat de dépôt à la gendarmerie
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 07 septembre 2021 à 13:30 | mis à jour le 07 septembre 2021 à 13:56

Libéré vendredi, sous pression policière, Oumar Samaké s'est finalement rendu à la gendarmerie pour se constituer à nouveau prisonnier. Et ce, à la suite d'une réunion des instances sécuritaires maliennes, tenue lundi, pour évoquer la question.

Oumar Samaké à nouveau placé sous mandat de dépôt à la gendarmerie

La prison centrale de Bamako était en ébullition vendredi 3 septembre 2021. Et pour cause, des policiers armés avaient fait irruption en ces lieux pour exiger la libération immédiate d’Oumar Samaké, chef des Forces spéciales antiterroristes, arrêté dans le cadre de son rôle présumé dans la répression sanglante contre des manifestants au pouvoir d’Ibrahim Boubacar Kéita (IBK), en juillet 2020. « Nous n’avons pas fait la résistance, ils sont partis avec Oumar Samaké sans incident », avait indiqué un garde pénitentiaire.

De nombreuses voix s’étaient alors élevées à Bamako pour condamner cette libération au forceps du Commissaire divisionnaire. Aussi, dans la matinée du lundi 6 septembre 2021, une réunion d'urgence s'est-elle tenue en présence des syndicats de la police, du commissaire divisionnaire Oumar Samaké et du ministre de la Sécurité. Rencontre au terme de laquelle le ministre a enjoint au commissaire de regagner la prison. Celui-ci s'exécuta sans autre forme de procès. Oumar Samaké s'est donc rendu à la suite de cette réunion, au camp 1 de la gendarmerie, où il a été aussitôt placé sous mandat de dépôt.

À noter que le commandant de la Forsat, Oumar Samaké, était inculpé, vendredi, pour meurtres, coups et blessures aggravés et coups mortels liés aux évènements ci-dessus mentionnés. Sa libération par ses hommes avait alors fait l'objet de vives critiques et d'un communiqué du gouvernement de transition appelant au calme et invitant les forces de sécurité au respect de l’État de droit.

Le Mali, fait-il le rappeler, traverse une transition politique à la suite du double coup d'État du colonel Assimi Goita contre le président Ibrahim Boubacar Kéita et du chef d'État Bah N'Daw. Et ce, dans une atmosphère sécuritaire des plus précaires, avec la présence de djihadistes et autres groupes armés dans le Nord-Mali.


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