Guinée- Massacre du 28 septembre: Le grand déballage de Toumba Diakité

Déballage explosif sur le massacre du 28 septembre 2009 en Guinée
Par Eugène SAHI
Publié le 04 octobre 2022 à 00:54 | mis à jour le 04 octobre 2022 à 00:54

Il aura fallu la chute d’Alpha Condé pour que ce procès historique s’ouvre en Guinée, le 28 septembre dernier, soit treize ans jour pour jour après les faits.

Déballage explosif sur le massacre du 28 septembre 2009 en Guinée

Après la version de Dadis Camara révélée par l’ordonnance de renvoi lors de l’ouverture du procès, mercredi dernier, celle de Toumba Diakité sur le massacre de 2009 vient d’être dévoilée.

Ce sont deux suspects clefs dans ces évènements qui ont heurté les consciences, tant en Guinée qu’ailleurs dans le monde. Africaguinee.com vous propose en vrac la version que l’ex aide de camp de Dadis Camara avait fournie aux magistrats instructeurs lorsqu’il a été interrogé sur le fond.

Toumba Diakité révèle que des miliciens entraînés par des instructeurs israéliens financés par Benny Steinmetz, -Tycoon franco-israélien, bénéficiaire à l’époque des blocs 1 et 2 de Simandou- avaient été infiltrés au stade pour réprimer des manifestants. Explications.

"Le 16 décembre 2016, Aboubacar Diakité dit Toumba, aide de camp de Moussa Dadis Camara à l’époque des faits, est arrêté à Dakar en vertu d’un mandat d’arrêt internationale du 26 avril 2010.

Interrogé sur les faits par la section de recherche de la gendarmerie nationale du Sénégal, le 17 mars 2017, il est extradé vers la Guinée. Interrogé sur le fond, M. Diakité déclare avoir dissuadé Moussa Dadis Camara de se rendre au stade. Ce dernier lui a répondu très en colère : Toumba, le Pouvoir est dans la rue, ils vont le regretter, il faut les mater. Il affirme que c’est son adjoint Marcel Guilavogui qui a pris la décision de s’y rendre accompagné de certains agents de la garde présidentielle et d’un contingent de la Numba fourni par le commandant du camp Alpha Yaya Diallo, le colonel Sambarou Diamankan.

Aboubacar Diakité dit Toumba conteste avoir commandité cette intervention. Il affirme n’avoir jamais reçu l’ordre de la part de Moussa Dadis Camara de se rendre au stade. Il explique avoir quitté le camp Alpha Yaya Diallo pour partir à la recherche du président Dadis après avoir appris que celui-ci était sorti du camp (…).

C’est au niveau de l’Université Gamal Abdel Nasser que Marcel Guilavogui et ses hommes l’aurait rejoint puis commencer à ouvrir le feu sur les manifestants. Il déclare en outre avoir immédiatement donné l’ordre de cesser les tirs sans succès. Il affirme ensuite avoir regroupé puis embarqué les leaders de l’opposition dans son véhicule et les avoir conduits à la clinique Ambroise Paré où Marcel Guilavogui et ses hommes ont menacé de faire sauter la clinique. Il les (les leaders, ndlr) ensuite amenés à la clinique de l’État-major de la Gendarmerie Nationale.

Sur les faits reprochés à Toumba

Aboubacar Diakité dit Toumba ne reconnaît avoir commis ni meurtres, ni viols et n’avoir battu ou blessé aucun manifestant. Il affirme ne rien savoir sur des portés disparus ou de la présence de fausses communes, ni avoir participé à une quelconque réunion avant ou après les évènements au stade.


Il soutient que ce sont les proches de Moussa Dadis Camara dont Marcel Guilavogui, Claude Pivi, Joseph Makambo, Georges Théodor Kourouma, qui ont supervisé les évènements du stade et qui assuraient le commandement de la garde présidentielle parallèle mise sur pied par le Président Dadis.

Toumba indique que des milliers de jeunes miliciens originaires de la région forestière et entraînés par des instructeurs israéliens sur financement de Beny Steinmetz, bénéficiaire des blocs 1 et 2 de Simandou, avaient été infiltrés au stade pour réprimer des manifestants à l’aide de couteaux ou machettes.

Il précisait en outre avoir rencontré Claude Pivi et plusieurs de ses hommes dans des camionnettes à la hauteur de la Bellevue".

Le Britannique Karim Khan, successeur de Fatou Bensouda au poste de procureur de la Cour pénale internationale (CPI), a été reçu ce 28 septembre par Mamadi Doumbouya au palais présidentiel Mohamed V de Conakry. Les deux hommes ont signé un accord de coopération qui permet à la CPI de garder un œil sur le bon déroulé du procès du massacre du 28 septembre 2009.


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