Attaque du camp militaire de N’Dotré en 2021: Où en sont les enquêtes?

Un an après l’attaque du camp militaire de N’Dotré, où en sont les enquêtes?
Par Nazaire Kadia
Publié le 27 avril 2022 à 16:40 | mis à jour le 27 avril 2022 à 16:40

Il y a un an, dans la nuit du 20 au 21 avril 2021, selon un communiqué de l’Etat-major des Forces Armées de Côte d’Ivoire, le camp militaire du 2ème Bataillon projetable basé à Anokoua Kouté (camp militaire de N’Dotré) était l’objet d’une attaque.

Un an après, les Ivoiriens attendent toujours les résultats de l'enquête sur l’attaque du camp militaire de N’Dotré

Cette attaque avait été repoussée par les militaires ivoiriens et le bilan était le suivant :

- Trois (3) morts et un(1) blessé du côté des assaillants

- Un(1) blessé léger dans le camp des militaires ivoiriens.

Des armes et divers documents, récupérés sur ces assaillants. L’identité libérienne des assaillants a laissé penser qu’il s’agissait de mercenaires libériens. C’est le lieu de féliciter les vaillants soldats ivoiriens pour avoir repoussé cette attaque en mettant en déroute les assaillants. Cependant, les armes saisies et les documents retrouvés sur les assaillants neutralisés, laissent songeur, interrogateur et dubitatif : Une kalachnikov, vingt munitions et trois machettes. On peut alors se demander l’objectif véritable de ces assaillants.

Ceux-ci devaient être soit extrêmement téméraires et avoir une foi inébranlable au dieu qu’ils prient, soit ils devaient avoir ingurgité une grande quantité d’amphétamine et de barbiturique, fumé une énorme quantité de chanvre indien ou snifé une forte dose de cocaïne, pour vouloir, dans un état second assiéger un camp militaire avec quelques fusils d’assaut et des machettes et penser pouvoir en prendre possession. On peut également s’interroger sur la présence surréaliste de passeport et de contrats d’engagement de ces assaillants sur le champ d’opération, contrats qui font d’eux des mercenaires.

Un an après l’attaque du camp militaire de N’Dotré, où en sont les enquêtes?

Le mercenariat, dans tous les pays du monde, est une activité illicite et illégale. Alors à qui ces mercenaires opposeront-ils ces contrats en cas de non-respect ? Devant quelle juridiction pourront-ils porter plainte pour entrer en possession de leurs dus? En outre, un autre fait suscite bien d’autres interrogations. Sur l’un des assaillants-mercenaires libériens, il a été retrouvé un permis de conduire censé être libérien et donc entièrement libellé en anglais. Cependant la mention de la profession du titulaire est bien curieuse. Il est mentionné « chauffeur ». Ce mot est bien un mot français.

A-t-il été anglicisé sans que cela ne soit largement diffusé ? Certainement qu’un renforcement de capacités s’impose à nous ! De nombreux ivoiriens se posent des questions au sujet des commanditaires de cette attaque et de leurs attentes. Une certaine presse et des officines, dans leurs analyses et commentaires avaient envoyé des messages subliminaux et suggestifs à l’effet de voir les regards se tourner vers les « pro-Gbagbo » ou les « pro-Soro ».

Mais ce serait faire une injure à l’intelligence des « pro-Gbagbo » ou des « pro-Soro » de penser que quelques individus armées de kalachnikovs et de machettes puissent mettre sous leur contrôle tout un camp militaire. Cela semble une grosse couleuvre difficile à avaler. Et la véritable question est celle-ci : à qui aurait profité cette attaque ? Un an après, où en sont les enquêtes? La réponse à cette violente question nous permettra de mieux appréhender demain. Demain est certes un autre jour, mais demain arrive toujours et l’opportunité nous sera donnée de séparer l’ivraie du vrai.




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