Cacao: La Côte d’Ivoire et le Ghana adoptent un pacte centré sur les producteurs

Le Conseil du café-cacao et le Ghana Cocoa Board se concertent à Abidjan
Par Eugène SAHI
Publié le 18 mai 2022 à 20:18 | mis à jour le 25 août 2022 à 20:19

La Côte d’Ivoire et le Ghana, deux poids lourds de la production cacaoyère, viennent de revisiter le mécanisme de rémunération des producteurs de cacao. Le Conseil du café-cacao et le Ghana Cocoa Board étaient réunis mardi à Abidjan.

Économie cacaoyère durable: Le Conseil du café-cacao et le Ghana Cocoa Board se concertent à Abidjan

Les deux plus grands producteurs mondiaux de cacao ont signé une “pacte économique du cacao durable”, au cours de la première réunion du Comité économique et commercial de l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire – Ghana (ICCIG), qui porte notamment sur le suivi de l’application des différentiels d’origine, une prime que les exportateurs paient pour la qualité des fèves de cacao.

A l’issue d’une réunion technique organisée mardi 17 mai 2022 à Noom Hôtel, à Abidjan Plateau, les équipes des deux pays, conduites par le directeur général du Conseil du café-cacao, Koné Brahima Yves, et son homologue de Ghana Cocoa Board, Joseph Boahen Aidoo ainsi que le secrétaire exécutif d’ICCIG, Alex Assanvo, ont élaboré une déclaration conjointe portant solution durable du secteur cacao dans lequel les producteurs peuvent avoir un revenu juste et décent.

Ce pacte répond à la vision de l’ICCIG de créer un programme d’actions prenant en compte les volets économique, social et environnemental de l’économie cacaoyère. Il promeut un nouveau système de gouvernance pour le secteur cacao qui offre un cadre pour des actions et des réflexions garantissant des revenus durables pour les producteurs et pour la production d’un cacao durable.

Ainsi, la prochaine étape dans les négociations avec l’Union européenne sur le cacao visera à prendre en compte ce pacte économique. L’ICCIG s’engage en outre à travailler avec les principales parties prenantes pour harmoniser ce pacte économique, en vue de répondre aux besoins urgents dans la lutte contre la désertification et les pires formes de travail des enfants (PFTE).

D’autres étapes sont prévues, entre autres, des rencontres techniques avec tous les acteurs de la filière cacao et la publication du montant du différentiel d’origine à la fin de chaque mois, à compter de mai 2022, dans un souci de transparence.

C’est pourquoi, le DG du Conseil du café-cacao a lancé un message à l’industrie et au négoce, leur faisant remarquer que la question du prix est une question essentielle pour le producteur. “Si le paysan se décourage et ne produit pas de cacao, il n’y aura pas de chocolat”, a-t-il prévenu, insistant sur le fait que ce nouveau mécanisme a pour ambition de mieux rémunérer les producteurs car la mise en place du Différentiel de revenu décent (DRD) qui consiste à verser 400 $ la tonne depuis la campagne 2020-2021 n’a pas répondu à l’attente des pays producteurs.

“Le prix est important pas seulement pour le producteur mais aussi pour le consommateur”, a renchéri Joseph Boahen Aidoo, expliquant que la publication des noms des compagnies et les prix auxquels ils payent le différentiel d’origine vise à faire en sorte que les producteurs et les consommateurs sachent réellement ce qu’il en est.


“On ne peut pas parler de durabilité sans mettre ensemble les trois piliers (économique, social, environnemental)”, a aouté Alex Assanvo, notant que le pacte économique a été établi pour regarder toutes ces questions.

La Côte d’Ivoire et le Ghana représentent plus de 60% de la production mondiale de cacao. Cette spéculation rapporte plus de 120 millions par an dont moins de 5% reviennent aux pays producteurs, a rappelé le secrétaire exécutif de l’ICCIG.


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