Crise ukrainienne: Sanctionné qui croyait sanctionner la Russie

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Par Nazaire Kadia
Publié le 09 mars 2022 à 08:00 | mis à jour le 09 mars 2022 à 11:19

La crise ukrainienne, du fait de l’intervention militaire russe dans ce pays, nous donne d’entendre des analyses et des commentaires invraisemblables, à la limite surréalistes.

Crise ukrainienne : n'ont-ils pas sous-estimé la Russie ?

Dans la crise ukrainienne, l’intervention russe et la conduite de l’offensive ont pris tout le monde de court. Les différents spécialistes et les hommes politiques qui se succèdent sur les plateaux des chaînes de télévision françaises nous abreuvent, chaque jour, de leurs analyses, commentaires, de leurs attentes, projections, angoisses et de leurs frustrations.

Après s’être délectés de la lenteur de l’offensive russe qu’ils mettaient au compte de la prétendue résistance héroïque des Ukrainiens, ces spécialistes se rendent compte aujourd’hui qu’ils n’avaient pas compris les intentions réelles de Moscou quant à la conduite de l’offensive.

Le long cortège d’engins de plus de 60 kilomètres en direction de Kiev, a laissé penser que les Russes préparaient un assaut massif sur la capitale de l’Ukraine. La lenteur observée par ce convoi a fait l’objet de moqueries de certains spécialistes qui affirmaient que les Russes étaient à court de carburant et d’autres ajoutaient même que les soldats russes mourraient de faim.

Ils ne se sont pas rendus compte que ce convoi était un leurre, et que le véritable objectif pour l’instant était ailleurs.

Revenus de leur surprise par la tournure que prend l’offensive russe, politiques européens et autres spécialistes, ont changé de fusil d’épaule. Désormais, tout est dans les sanctions. Tout le monde exulte et commente à souhait les effets dévastateurs qu’auront ces sanctions sur l’économie russe et partant, sur les populations.

En toute logique, la souffrance des populations russes du fait de ces sanctions devait conduire celles-ci à descendre dans les rues, manifester violemment et obliger Vladimir Poutine à quitter le pouvoir.

D’autres encore, ont des souhaits plus morbides et dans leurs attentes, l’entourage de Poutine doit pouvoir attenter à sa vie et donc l’abattre pour que la paix advienne.

Devant tant d’énormités venant de personnes promptes à monter sur leurs grands chevaux pour donner des leçons aux autres, voire traiter ceux-ci de barbares et de sauvages, ou alors mettre en exergue la mission civilisatrice qui est la leur, on ne peut qu’être ahuri de les voir tomber si bas !

Mais cela se comprend. Toutes ces prises de position, ces souhaits funestes et macabres, sont le signe manifeste et révélateur de l’impuissance qui étreint ces européens et leur désespoir de ne pouvoir donner une trajectoire de leur convenance dans la crise ukrainienne.

Quand la crise ukrainienne révèle l'autoritarisme des occidentaux

Comme quoi, on a beau être fort et puissant, il y a toujours plus fort et plus puissant que soi.

D’autre part, ces bien-pensants, si prompts à présenter la liberté d’expression comme un droit fondamental de l’homme, et qui se plaignent à longueur de journée de la chape de plomb qui empêche les Russes d’avoir d’autres sources d’informations que les chaînes nationales (russes), n’ont pas hésité à interdire RT et Spoutnik de diffusion en France, sous le fallacieux prétexte de propagande.

Comment peut-on objectivement dénoncer un acte qu’on considère comme une violation des droits de l’homme et se mettre soi-même à s’y adonner ?

Respecte-t-on ainsi le droit des Français ? Peut-on les obliger à regarder ces chaînes si tant est qu’ils ne veulent pas ?

Ou alors ne sont-ils pas assez matures pour se faire une opinion sur les informations diffusées par RT et Sputnik ?

On ne peut dénoncer des tares qu’on trouve aux autres et dans le même temps s’adonner soi-même aux pratiques dénoncées.

Quant aux sanctions économiques, présentées comme l’arme fatale pour faire plier Poutine dans cette crise ukrainienne, et tant chantées par les dirigeants européens, elles commencent, selon des observateurs avertis, à avoir un effet boomerang. Alors que la Russie n’a véritablement pas encore annoncé ses mesures de rétorsion à l’endroit des puissances occidentales, celles-ci commencent à sentir les effets pervers de leurs propres sanctions.

Selon des sources bien introduites, le prix du gaz a pris l’ascenseur et a déjà atteint un niveau record. Ce prix a atteint 322 euros par mégawatheure, soit une hausse de 347% sur le marché à terme néerlandais. Il va sans dire que cette hausse aura un effet d’entrainement sur le prix de nombreuses marchandises en Europe. Le Gazole qui, en décembre 2020, était encore à 1,25€, flirte aujourd'hui avec les 2 euros en France.

Qu’en sera-t-il si la Russie venait à suspendre sa fourniture de gaz à l’Europe ? Des pays comme l’Allemagne et l’Italie, vivraient des heures sombres. De ce fait, il n’est pas exclu que les rues se fassent entendre à Paris, Berlin ou Rome plutôt qu’à Moscou.

Comme quoi, quand on crache en l’air, il faut s’attendre à recevoir des gouttelettes sur le nez.

Ainsi va le monde.

Assurément, l’ivraie sera séparée du vrai.


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