Bingerville: Le conflit à la chefferie de Mbatto-Bouaké vire au drame

Bingerville: Des violences à Mbatto-Bouaké font un mort
Par David Yala
Publié le 23 août 2021 à 00:48 | mis à jour le 23 août 2021 à 11:26

Le conflit né à la chefferie de Mbatto-Bouaké, village situé dans la sous-préfecture de Bingerville, après la suspension de l'ancien chef Anoman Badiglon Edouard, pour des faits de malversations foncières et recours à la violence, a pris une autre tournure.

Bingerville: Des violences à Mbatto-Bouaké font un mort

Nouveau rebondissement dans la crise de chefferie qui a cours, depuis un an, dans le village de Mbatto-Bouaké. Ce week-end dernier, de nouvelles violences entre camps opposés, ont causé la mort de Jean-Marie Ahiman N’douffou, fils du chef intérimaire N’douffou Gbeï qui avait été nommé en remplacement du chef démis Badiglon Édouard.

Selon des témoins, le jeune homme aurait été tué par des partisans de l'ancien chef du village, l'ont pris à partie après une course poursuite. Son corps sans vie a été découvert, samedi nuit, dans un bas-fond, plongeant le village dans une grande affliction et une colère noire.

Ce n'est que ce dimanche sous le coup de 12h25, que le corps a été enlevé, après que Docteur Koffi Noël, médecin à l’hôpital général de Bingerville, a fait le constat d’une mort violente par coups et blessures. Ce n'est pas la première fois que les partisans très actifs de Monsieur Anoman Badiglon Edouard, s'adonnent à des faits de violence.

Le samedi 13 février 2020, une consultation populaire en vue d’entériner le choix du nouveau chef, désigné par la génération Gnondôh au pouvoir et les doyens du village, n'avait pas pu se tenir après que le chef suspendu, en cavale car recherché par la gendarmerie, avait fait une brève apparition au village pour galvaniser ses partisans et les appeler à empêcher la manifestation.

"Un tel chef n’a plus sa place à la tête du village"

Le jeudi 06 Août 2020, une autre réunion convoquée par les doyens, dans le cadre de la réconciliation générale, avait été perturbée par un groupe de jeunes du village déjà connus comme des partisans actifs de monsieur Anoman Badiglon Edouard. Une crise de succession divise depuis quelques temps les populations de M’Batto-Bouaké après la suspension de Anoman Badiglon Edouard par l’arrêté préfectoral du 21 juillet 2020 puis son remplacement par le chef de la génération au pouvoir Monsieur GBEI N’douffou.

Lors d'une conférence de presse, récemment à Abidjan, le notable Kouadjo Agobey confiait que M. Anoman Badiglon Edouard entretiendrait une milice au village, milice composée de jeunes gens déscolarisés à qui il donne régulièrement de l’argent, de la drogue pour exercer la violence sur ceux qui veulent s’opposer à lui et surtout empêcher le chef intérimaire de travailler.

Selon lui, plusieurs faits sont reprochés à l’ancien chef du village: ventes illicites de terrains et les abus de biens sociaux. La suspension de Monsieur Anoman Badiglon Edouard serait la conséquence de trois faits : la suspension de sa signature par le ministère de la construction et de l’urbanisme, son incapacité à présenter au préfet qui le lui demande, le bilan de sa gestion et enfin le rapport du sous-préfet de Bingerville sur sa gestion.

“Il s’agit pour nous de sauver l’avenir de toute une population, avenir mis en danger par un chef du village qui ne pense qu’aux siens et à ses intérêts personnels. Pour y parvenir, il utilise la violence comme système de gouvernance en engageant d’énormes moyens financiers provenant des malversations faites au détriment de la population. Pour toutes ces raisons, il est aujourd’hui poursuivi de toutes parts par la justice. Un tel chef n’a plus sa place à la tête du village et nous prions nos Autorités compétentes de trouver une solution définitive, qui est pour nous la validation du choix du nouveau chef”, dixit M. Kouadjo Agobey Jérôme.


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