Missiles russes S-400 pour la Turquie: Washington et Moscou divisés

Turquie achète les missiles russes S-400
Par Eugène SAHI
Publié le 15 décembre 2020 à 12:18 | mis à jour le 15 décembre 2020 à 12:18

Washington a sanctionné Ankara, lundi, pour avoir acheté des missiles russes S-400 pour le renforcement de son système de défense aérienne, une violation de l’interdiction de tout nouveau permis d'exportation d'armes à l'agence gouvernementale turque, selon la Maison Blanche.

Achat de missiles russes: "Attitude arrogante à l'égard du droit international", selon Lavrov.

"Les mesures prises aujourd'hui signalent clairement que les États-Unis (...) ne tolèreront pas de transactions significatives avec les secteurs russes de la défense et du renseignement", a annoncé le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo. « Les Etats-Unis avaient clairement fait savoir à la Turquie, aux plus hauts niveaux et à de multiples reprises, que l'achat des systèmes S-400 représenterait un danger pour la sécurité des technologies et du personnel militaires américains et qu'il apporterait des fonds importants au secteur russe de la Défense tout en lui donnant accès aux forces armées et à l'industrie de Défense de la Turquie », a précisé Mike Pompeo.

Selon le Secrétaire d’Etat à la Défense, Washington interdit désormais l'attribution de tout nouveau permis d'exportation d'armes à l'agence gouvernementale turque en charge des achats d'armement, le SSB, et interdit le territoire américain à ses dirigeants. Le Congrès américain avait approuvé vendredi à une large majorité la loi de financement du Pentagone qui contient une mesure donnant 30 jours à l'exécutif pour sanctionner Ankara pour les missiles russes S-400, des missiles incompatibles avec les systèmes de l'OTAN dont la Turquie est membre.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan qui a traité d’ "injuste" cette décision de la Maison blanche, avait affirmé, dès vendredi, que des sanctions américaines contre son pays seraient «un manque de respect de la part des Etats-Unis envers son allié très important au sein de l'OTAN».

La Russie, de son côté, a fait savoir qu’il s'agit d'une « nouvelle manifestation d'une attitude arrogante à l'égard du droit international, une manifestation des mesures coercitives unilatérales et illégitimes que les Etats-Unis utilisent depuis de nombreuses années, depuis des décennies à droite et à gauche», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.


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