Terrorisme: Vers une révision des accords entre le Mali et la France

France - Mali : Emmanuel Macron Assimi Goïta
Par Patrice Dama
Publié le 20 janvier 2022 à 08:25 | mis à jour le 20 janvier 2022 à 09:03

L’intervention au sol de l’armée française au Mali est illégale et va servir de base argumentaire à la transition pour revisiter l’accord avec Paris.

La France illégalement au Mali, une preuve réapparait

Rien ne va plus entre la France et le Mali. Les nouvelles autorités de la transition malienne, tournées vers le renforcement de leur coopération, surtout militaire, avec la Russie, souhaitent se débarrasser de l’amie encombrante qu’est devenue la France. Dans les accords qui lient les deux pays, lesquels accords ont récemment été dénoncés par le Premier ministre malien Choguel Maïga, l’armée malienne n’a pas le droit de survoler une partie de son propre territoire contrôlé militairement par la France.

Les militaires maliens n’en faisaient pas un sérieux problème puisqu’ils n’avaient de toute façon pas véritablement une flotte militaire aérienne. Mais grâce à la relation nouvellement renforcée par Bamako avec la Russie, c’est désormais de l’histoire ancienne. Le Mali est en passe de devenir un des pays les plus fournis en armes dans la région d’Afrique de l’Ouest.

Forcément, l’armée malienne, désormais en première ligne dans la lutte contre le terrorisme, qui avait amené son ancien Président (le Professeur Dioncounda Traoré) a sollicité un appui de l’armée française, veut de nouveau contrôler chaque centimètre carré de son 1 241 238 km2 de territoire sans recourir à une autorisation quelconque de qui que ce soit. Surtout pas de la France qui a pris des libertés en déployant en toute illégalité ses troupes au sol sur le territoire malien.

Contrairement à ce qu’affirment les autorités françaises, à savoir que la présence militaire au sol de l’armée française au Mali avait été faite suite à une demande claire de Dioncounda Traoré, une preuve prouve le contraire. Cette affirmation avait déjà été confondue par le Premier ministre malien Choguel Maïga Kokalla, qui se réfère au contenu de la lettre adressée par le Président Dioncounda Traoré à François Hollande en janvier 2013.

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Le contenu de la lettre parvenue à notre rédaction dit ceci : « … Suite aux développements récents constatés sur le terrain et à la menace qui se précise contre nos premières lignes de défense, une intervention aérienne immédiate s'impose. Celle-ci consistera à fournir un appui renseignement et un appui feu au profit de nos troupes. »

Dioncounda Traoré s’inquiétait à l’époque de l’avancée des troupes ennemies vers la ville malienne Mopti. « Depuis notre dernier entretien, les premiers accrochages ont eu lieu à soixante-quinze (75) kilomètres de la ville de Mopti. Je sais pouvoir compter sur votre engagement affirmé dans cette lutte commune contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière organisée. »

C’est sur la base de ce courrier pourtant explicite que la France a parachuté ses soldats au sol au Mali en toute illégalité. Avec la fuite de cette lettre ci-dessous, dont le contenu avait fait l’objet d’une publication du journal français Le Nouvel Obs le 06 février 2013 à 16h39, la preuve est faite du caractère illégal de l'intervention militaire française au sol. Il faut noter que cette lettre avait été diffusée sur le site du Sénat français.

FRANCE - MALI : dioncounda traore au président français francois

Les autorités françaises restent pour l'heure muettes sur la question qui mérite pourtant une clarification, préférant laisser penser que l’actuelle administration Assimi Goïta ne peut reviser les accords parce que n’étant issue d’un processus démocratique. Seulement, l’auteur de la lettre, président Dioncounda Traoré, qui a amené la France à pénétrer le sol malien, n’était pas lui non plus issu d’un processus démocratique. Ces accords peuvent donc être revisités sans le moindre problème au risque d’agrandir la fracture entre la France et le Mali.

La révélation glaçante du journaliste Laurent Larcher

Le journaliste Laurent Larcher, essayiste français, membre du conseil d'administration de l’Observatoire Pharos, dit avoir entendu du général Patrick Brethous, lors de ses interventions dans les différents camps militaires français, que la vision du futur des relations entre la France et l’Afrique, était que la France est de retour militairement sur le continent pour une longue durée.

Ce Général de division, par ailleurs chargé de mission auprès du chef d’état-major de l’Armée de terre, aurait même avancé le chiffre de 100 ans de présence futur de l’armée française sur le sol africain. La précipitation avec laquelle Hollande a expédié les soldats français sur le sol malien entre donc dans ce plan de recolonisation de l'Afrique.

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Les intrigues de l’opération Serval

L'armée française, bien qu'étant une des plus équipées et mieux formée au monde, n'est pas parvenue, en 9 ans, à chasser les terroristes du territoire malien. Ces terroristes qui sévissent dans le Sahel, ne sont pourtant que de jeunes gens mal-formés et largement sous-armés comparés aux membres de l'opération Serval, forts de leurs aéronefs. Avec tout l'arsenal de guerre des militaires français, du matériel d'écoute et de renseignement sophistiqué, les rangs des terroristes ne faisaient que grossir avant le deuxième coup d'État et l'arrivée au pouvoir du Colonel Assimi Goïta.

Dès son arrivée au pouvoir, l'actuel Président malien a fait fuiter une de ses interventions audio dans laquelle il retraçait tout le comportement inamical de l'armée française au Mali. Il affirmait que l'armée française avait réinstallé des terroristes chassés de certains territoires par les militaires maliens. C'est ce double jeu de la France qui l'a amené à tourner son pays vers la Russie.

Et depuis la montée en puissance de l'armée malienne, récemment renforcée en équipements par la Russie, plusieurs terroristes ont pris la fuite des localités qu'ils contrôlaient. Certains se sont rendus et beaucoup ont été tués.




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