Bénin: Tout sur l'Esplanade et la statue de l' Amazone de Cotonou

La statue de l’ Amazone: Une ode au régiment militaire et à la femme béninoise
Par Eugène SAHI
Publié le 25 juillet 2022 à 15:09 | mis à jour le 25 juillet 2022 à 15:09

L’esplanade de l’ Amazone, cloitrée entre le Palais des Congrès de Cotonou et la Présidence de la République du Bénin, dans le 12e Arrondissement, abrite une statue majestueuse d’une femme guerrière considérée pour certains comme la Reine Tassi Hangbè. Portrait.

La statue de l’ Amazone: Une ode au régiment militaire et à la femme béninoise

Le Bénin procède à l’inauguration de plusieurs monuments érigés dans la ville de Cotonou le samedi 30 Juillet 2022, veille de la Fête de l’Indépendance de ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Il s'agit notamment de l’inauguration de la statue de Bio Guéra, des Jardins de Mathieu et surtout de la place de l’Amazone et sa statue symbolique dédiée au régiment militaire entièrement féminin au temps du règne du roi Béhanzin sur le Royaume du Dahomey: les Minon ou Amazones.

Projet cher au président béninois Patrice Talon, la statue de l’Amazone est la nouvelle identité visuelle de Cotonou, une ville que le chef de l’Etat veut moderne et attractive.

Érigée sur le boulevard qui abritait le domicile de l’ancien président Mathieu Kérékou, ce monument qui changent l’aspect de la capitale du Bénin est un projet qui s’inscrit dans le cadre des travaux d’assainissement et de réaménagement de ce boulevard partant du giratoire Erevan jusqu’au carrefour de la Loterie nationale du Bénin, au quartier Ganhi.

La réalisation de l'œuvre porte la signature de l'artiste-sculpteur chinois Li Xiangqun, sous la Société Beijing Huashi Xiangqun Culture et Art Co.

La maquette est présentée le mercredi 28 août 2019 par l'Agence nationale pour la promotion du tourisme, dans les locaux du Ministère du Commerce.

La statue géante de 30 mètres de haut implantée au centre de l '« Esplanade des Amazones » a longtemps alimenté la polémique dans le pays.

L’atypique femme guerrière présentée ici est considérée pour les uns comme comme Reine Tassi Hangbè, reine du Danxomè qui a dirigé le royaume de 1708 à 1711 et a succédé à son frère jumeau Akaba. Et pour les autres, le portrait d’une amazone béninoise.

En clair, selon les précisions du gouvernement, il s’agit de la statue de l’Amazone et non celle de Tassi Hangbe qui a fait le chou gras des réseaux sociaux. Pour le ministère béninois du Tourisme, de la Culture et des Arts, il s’agit d’une ode à la femme béninoise.

Mais, avant tout, cette statue vient rendre hommage aux vaillantes femmes du Dahomey d’alors.

L'armée des Amazones : qui étaient ces femmes redoutables et redoutées ?

Ce nom apparaît à plusieurs reprises dans l’histoire du Danxome, de ses guerres de conquête et sa résistance contre l’envahisseur colon. Un nom qui revient souvent mais qui n’est pas pour autant si connu qu’on le croirait. Pourtant sans elles, rien n’aurait été possible.

L'armée des Amazones : qui étaient ces femmes redoutables et redoutées ?

Les Amazones ont joué un rôle majeur au sein du puissant royaume de Dahomey, le Bénin actuel.

Protectrices du roi Ghezo, qui a régné sur le Dahomey de 1818 à 1858, elles ont formé une troupe d'élite, lui jurant fidélité jusqu'à la mort.

Ces redoutables gardes du corps féminins étaient souvent recrutées à l'adolescence par le roi pour leur force et leur beauté mais aussi parce que la main-d'œuvre était de plus en plus rare en raison de la traite européenne des esclaves.

Les récits historiques sur les Amazones sont peu fiables, bien que plusieurs marchands d'esclaves, missionnaires et colonialistes européens aient relaté leurs rencontres avec des guerrières redoutables, intrépides et impitoyables.

C'est d'ailleurs en référence au mythe des femmes guerrières de la mythologie grecque qu'elles ont été surnommées les 'Amazones du Dahomey' par les Européens au 19e siècle.

Aujourd'hui, les historiens les appellent "mino", ce qui peut être traduit par "nos mères" en langue locale, le fon.

Leur esprit subsiste toujours dans les danses traditionnelles du Benin, dit-on.


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