Maroc: Le film de la mort du petit Rayan tombé dans un puits

Maroc - Le petit Rayan n’a pas pu être sauvé
Par Eugène SAHI
Publié le 06 février 2022 à 15:51 | mis à jour le 06 février 2022 à 15:51

Le petit Rayan, tombé dans un puits au Maroc, est décédé après cinq jours de sauvetage acharné suivi dans le monde entier.

Le petit Rayan n’a pas pu être sauvé en dépit des opérations de sauvetage, suivies en direct

La course contre la montre menée au Maroc pendant cinq jours par les sauveteurs pour tenter de sauver le petit Rayan, 5 ans, n'a pas permis de sauver l'enfant qui a été retrouvé mort, samedi 5 février dans la soirée.

Signe de la forte émotion provoquée par le drame, c'est le cabinet royal qui a annoncé samedi en fin de soirée le décès de l'enfant.

"Suite au tragique accident qui a coûté la vie à l'enfant Rayan Oram, Sa Majesté le roi Mohammed VI a appelé les parents du défunt, décédé après être tombé dans un puits", a-t-il fait savoir dans un communiqué.

"Le courage de Rayan restera dans nos mémoires et continuera de nous inspirer. Le dévouement du peuple marocain et des secouristes également", a écrit l'international algérien du Milan AC Ismaël Bennacer, dans un tweet accompagné du dessin d'un enfant s'élevant dans le ciel accroché à un ballon en forme de cœur aux couleurs du Maroc.

"Nous avions tous gardé l'espoir que le petit Rayan s'en sorte. Tout ceci est tellement tragique", a également réagi sur Twitter la romancière maroco-américaine Laila Lalami, tandis que le président français Emmanuel Macron disait sur Facebook "à la famille du petit Rayan et au peuple marocain que nous partageons leur peine".

Le drame s'est enclenché avec la disparition de l'enfant mardi vers 14 heures. "Rayan jouait à côté mais il a disparu. Toute la famille s'est mobilisée pour le chercher jusqu'à ce qu'on apprenne qu'il était tombé dans le puits", racontait alors à la presse locale la mère de l'enfant, les yeux embués de larmes.

"Dans un moment d'inattention, le petit est tombé dans le puits que je réparais. Je n'ai pas pu fermer l'œil de la nuit", a témoigné le père de Rayan auprès du site d'information Le360.

Il a fallu cinq jours aux secouristes pour parvenir jusqu'à l'enfant car ils ont dû d'abord forer une énorme crevasse en profondeur puis un tunnel en horizontal. Leur progression a été fortement ralentie par la nature du sol.

Plusieurs scénarios avaient été étudiés pour sauver le petit Rayan. Dans un premier temps, les équipes de secours ont tenté de descendre directement dans le puits, une opération avortée car son diamètre ne dépasse pas 45 centimètres. Ils ont pensé à élargir le diamètre du puits, opération impossible à cause du risque d'éboulement. Seule solution: creuser autour du puits.

Des engins mécaniques ont donc préalablement déblayé le terrain autour du puits. Parallèlement, une opération de stabilisation du terrain alentour a été effectuée, permettant de creuser le tunnel et sécurisant l'accès aux secouristes.

Marée humaine autour du gigantesque puits

Des milliers de sympathisants avaient accouru en signe de solidarité et campé sur place, dans cette zone montagneuse du Rif, à près de 700 mètres d'altitude.

Devant le tunnel, des applaudissements nourris saluaient chaque apparition des foreurs. Des barrières métalliques avaient même dû être disposées vendredi 4 février pour contenir la foule.

À l'approche du dénouement, les curieux scandaient régulièrement des "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand) ou entonnaient des chants religieux.

Sur les réseaux sociaux, le hashtag #sauvezrayan a très largement été utilisé et a caracolé en tête des principales tendances de Twitter au Maroc cette semaine.

"Allongé sur le côté, de dos" et qu'il était "impossible d'affirmer" si le petit Rayan était vivant. Mais le responsable avait assuré garder "de très grands espoirs" qu'il soit vivant.

Les secouristes s'étaient efforcés de faire parvenir de l'oxygène et de l'eau à travers des tubes et bouteilles descendus jusqu'à Rayan, sans certitude qu'il puisse les utiliser.

Les secouristes sont finalement entrés samedi après-midi dans le tunnel qui les a conduits à la poche où se trouvait le petit Rayan qu'ils espéraient alors retrouver vivant.

Symbole de la difficulté à atteindre Rayan pour les secouristes, le bénévole Ali Sahraoui a creusé avec ses mains dans les derniers mètres. Ce quinquagénaire est devenu un "héros" sur les réseaux sociaux.

Peu avant 22 heures, samedi 5 février, le père et la mère, le visage défait, sont entrés dans un tunnel creusé par les secouristes et communiquant avec le puits, d'où a été sorti par la suite l'enfant. Ils sont ressortis peu après et partis à bord d'une ambulance, sans dire un mot, la mère montant à l'avant, les yeux perdus dans le vague.

Quelques instants plus tard, on apprenait par un communiqué du cabinet royal que le petit garçon marocain était mort.

Cet accident fait écho à un drame survenu début 2019 en Andalousie (Espagne), où Julen, deux ans, avait péri après avoir chuté dans un puits de 25 centimètres de diamètre et de plus de 100 mètres de profondeur.

Son corps avait été retrouvé après 13 jours de recherches d'une ampleur exceptionnelle.


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